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Sarkozy en Amérique

Retour sur la première visite officielle aux États-Unis du président Sarkozy, un voyage express sous le signe de l’amitié franco-américaine. Reportage de notre envoyée spéciale à Washington.

C’était court : 26 heures pour convaincre. Pour sa première visite officielle aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy n’a pas pris le temps de respirer, de profiter de ce pays qu’il aime comme il le répète à l’envi. Tout juste le temps de regarder par la fenêtre entre Washington et Mount Vernon le feuillage roussi de l’automne. Mais en ce temps record, gardant ce rythme effréné qu’on lui connaît depuis son élection, le président français a réussi à faire passer le message. "Avec ses amis, on peut avoir des divergences, on peut avoir des désaccords, on peut avoir des disputes. Mais dans la difficulté, dans l’épreuve, on est avec ses amis, on est à leurs côtés, on les soutient, on les aide."

L’amitié franco-américaine aura donc été au centre de ce voyage. Devant la communauté française, où plus de mille personnes envahissaient l’ambassade de France à Washington, il a redit l’importance de cette relation privilégiée. L’amitié franco-américaine encore à la Maison Blanche pour un dîner où étaient présents quelques Français de marque comme Henri Loyrette, directeur du musée du Louvre, ou le célèbre chef Guy Savoy. Une courte pièce de théâtre, dialogue imaginaire entre Gilbert de Lafayette et George Washington, donnée dans les salons de la Maison Blanche, replaçait la relation dans son contexte historique. Mais c’est évidemment le lendemain, devant le Congrès réuni sous le Capitole, sénateurs et députés côte à côte, que le président français, ovationné lors de son arrivée et plus d’une dizaine de fois pendant son discours, a rappelé tous les mythes fondateurs de cette relation privilégiée entre la France et l’Amérique.

Lafayette bien sûr, French Founding Father, mais aussi les deux guerres mondiales. "Les hommes et les femmes de ma génération ont entendu leurs grands parents raconter comment l’Amérique en 1917 avait secouru la France (….). Les hommes et les femmes de ma génération ont entendu leurs parents raconter comment l’Amérique était revenue en 1944 libérer l’Europe (…). La France a pu compter sur le courage des Américains, nous ne l’oublierons pas", a dit le président dans un discours où l’on retrouvait la patte de son "speech writer" Henri Guaino. C’est peu de dire que Nicolas Sarkozy a trouvé les mots pour convaincre. Ovationné une nouvelle fois debout, il a aussi parlé de cette lutte commune contre le terrorisme qui désormais unissait les deux pays. "Un partenaire dans la paix" "prêt à prendre des positions fermes", c’est dans ces termes amicaux que George Bush, lors d’une conférence commune à Mount Vernon, a qualifié Nicolas Sarkozy . "Nous avons échangé toutes nos informations notamment sur l’Iran" a dit pour sa part le président Sarkozy.

Que la conférence de presse commune – deux questions pour les journalistes français, deux questions pour les Américains – se soit passée à Mount Vernon, lieu symbolique par excellence, qui abrite la clé de la Bastille, cadeau de Lafayette alors à la tête de la garde nationale à son "père" adoptif américain, qui fut la demeure de George Washington et de sa femme Martha, où se rendit Gilbert de Lafayette en 1784 puis à nouveau lors de son dernier voyage aux Etats-Unis en 1824, n’est pas neutre. Une journaliste américaine qui entamait sa question "Mr President…" "Which one ?" a dit avec humour G .W. Bush. En gage de ce renouvellement d’alliance, il fallait faire un pas. Ce sera l’Afghanistan, où Sarkozy a affirmé que la France resterait. De son côté, Nicolas Sarkozy a enjoint l’Amérique d’adopter un dollar fort. Devant le French American Business Council, structure informelle créée par l’ancien ambassadeur François Bujon de l’Étang en 2001 et aujourd’hui presidée du côté français par Maurice Lévy et du côté américain par Fred Smith, PDG de FedEx, Nicolas Sarkozy a demandé à l’Amérique d’opter pour un dollar fort. Un peu plus tard devant le Congrès il a redemandé “la juste parité des changes”. “L’Amérique que j’aime est celle qui encourage les entrepreneurs et pas les spéculateurs” a-t-il affirmé.

Nicolas Sarkozy n’était pas venu seul mais entouré de "proches". Son conseiller diplomatique Jean-David Lévitte, ancien ambassadeur de France, qui tout au long de son séjour à Washinton aura ouvert les portes que le président peut aujourd’hui franchir, son porte-parole David Martinon, des ministres, Bernard Kouchner, ministre des Affaires Étrangères, auquel le président Bush a rendu un hommage appuyé, le remerciant "de s’être rendu personnellement à Bagdad", Rama Yade, Christine Lagarde et Rachida Dati. Au Congrès, on notait aussi la présence de Philippe Douste Blazy, de Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, ou encore de Louis Giscard d’Estaing, député et président du groupe d’amitié États-Unis d’Amérique. Outre les officiels comme l’ambassadeur de France Pierre Vimont, l’ambassadeur des Etats-Unis Craig Stapelton, le consul de France François Delattre ou le conseiller culturel Kareen Rispal, on remarquait quelques Français notoires de la communauté comme l’élu Jean-Paul Picot ou Guy Wildenstein, chef de file de l’UMP.

voir aussi: http://www.france-amerique.com/actualites/article.php?id=295

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