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Sarkozy inspire Giuliani dans la course à la Maison-Blanche


Publié le lundi 20 août 2007


 


Le républicain est en tête dans les sondages sur l’investiture de son parti. Il a rencontré Nicolas Sarkozy quand celui-ci était ministre de l’Intérieur et lui avait expliqué sa politique du « carreau cassé ».


 


RUDOLPH GIULIANI, le républicain en tête des sondages pour prendre la succession de George W. Bush à la Maison-Blanche a une nouvelle source d’inspiration : Nicolas Sarkozy. « Le lendemain du jour où il a été élu, un grand quotidien a titré « le Rudy français », je peux vous dire que j’ai apprécié », raconte « Rudy » Giuliani au Figaro. Dans un débat entre républicains, l’ancien maire de New York avait même brandi cette page du New York Post comme le signe d’une victoire à venir.
Peut-être parce qu’il quadrille le New Hampshire, un état stratégique des primaires de la présidentielle où le président français vient de passer ses vacances, Rudolph Giuliani n’a jamais autant parlé de Nicolas Sarkozy. « J’ai beaucoup d’admiration pour lui. J’ai lu son livre, Témoignage , que je trouve excellent. J’en recommande la lecture cet été à tous les Américains. » Effectivement, à un meeting électoral, l’ex-maire de New York invite ses électeurs potentiels à ouvrir le livre. « Quand vous le lisez, vous avez l’impression d’un homme qui veut prendre les principes américains qui ont fait des États-Unis la première économie mondiale – l’économie de marché, faire travailler plus -, et les appliquer en France pour revitaliser le pays. » C’est selon lui « une bonne lecture pour connaître nos forces ». Dans cette petite salle prêtée par une entreprise, il se réfère à Témoignage en réponse à une femme qui l’interroge sur son programme en matière d’éducation, à un homme qui se pose des questions sur l’énergie nucléaire…


Points communs

N’allez pas en déduire que la France se soit gagné une réputation de modèle économique et social : Rudolph Giuliani termine ses meetings sur une blague douteuse : « Depuis que j’ai lu Témoignage, je fais toujours le même rêve… Sarkozy est dans un avion et il vole de France vers les États-Unis en réfléchissant à ces idées américaines qu’il va appliquer en France… Là, je vois un autre avion qui va dans l’autre sens au milieu de l’Atlantique avec trois personnes qui lui font coucou. (Les démocrates) Hillary Clinton, Barack Obama, et John Edwards. Ils partent chercher les idées qui n’ont pas marché en France pour venir les appliquer aux États-Unis… » La salle se gondole de rire.
Rudolph Giuliani connaît Nicolas Sarkozy. « On s’est rencontré quand il était ministre de l’Intérieur », se souvient-il. Il était venu à Paris lui présenter les idées en matière de lutte contre la criminalité qu’il avait appliquées pendant ses deux mandats de maire, notamment la théorie du « carreau cassé » qui demande d’être vigilant face aux délits mineurs. Les deux hommes ont certainement des points communs. Adeptes des formules musclées, ils ont, quand l’un était maire et l’autre à l’Intérieur, tous deux été célébrés pour leur audace par leurs fans, et accusés de mettre de l’huile sur le feu, en particulier dans les relations avec les minorités, par leurs détracteurs. Fred Siegel, auteur d’une biographie de Giuliani, a aussi noté que tous deux « capitalisent sur le ressentiment populaire vis-à-vis des élites cramponnées aux idéologies des années 1960 ».
Un sondage Gallup conduit la semaine dernière accorde à Giuliani 32 % des intentions de vote des républicains aux primaires, ce qui le place bien devant le candidat pressenti mais non déclaré Fred Thompson (19 %), l’ex-gouverneur Mitt Romney (14 %) et surtout près de trois fois plus que son ex-grand rival, le sénateur John McCain (11 %).
Son avance dans les sondages a surpris. Les analystes politiques donnaient peu de chances à un candidat partisan du droit à l’avortement et défenseur des droits des homosexuels de séduire la base du parti. Sa vie privée n’a rien qui puisse enthousiasmer les évangélistes qui s’étaient ralliés derrière George Bush : Giuliani a été marié trois fois (la première femme était une cousine, il a annoncé son deuxième divorce en conférence de presse avant de prévenir sa femme), son fils ne lui parle plus et sa fille soutient Barack Obama.


Discours à 100 000 dollars

Mais Giuliani est charismatique. Après avoir quitté la mairie de New York en 2002, il a gagné sa vie en prononçant des discours payés jusqu’à 100 000 dollars et en a gardé le style gourou du développement personnel, comme lorsqu’il sort de sa poche sa « carte de (ses) douze engagements ». Il dit tenir ses méthodes de Ronald Reagan, un homme qu’il peut citer une dizaine de fois par débat.
En campagne, « le maire de l’Amérique », comme il avait été surnommé après le 11 Septembre pour avoir rassuré le pays quand George W. Bush était encore invisible, assure avoir remis d’aplomb une « ville ingouvernable » au début des années 1990. En matière de lutte contre le terrorisme, cet ex-procureur reprend à son compte l’héritage controversé de George Bush, de la surveillance électronique aux « techniques d’interrogations agressives mais légales ». Il compte rester « offensif » : « On a été attaqué cinq fois dans les années 1990 parce qu’on se contentait d’être en défense » dit-il. Une femme l’interrompt. « Comment pouvez-vous parler de stratégie offensive alors qu’on a 3 500 soldats morts et rien accompli en Irak ? » « Si on n’a pas été attaqué (depuis le 11 septembre 2001), c’est grâce à tous ces sacrifices » répond-il. Après une dernière question, il leur racontera le rêve de l’avion de Sarkozy…

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