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Sean Lynch, un proviseur éclairé

Voilà deux mois que le Lycée Français de New York a intronisé son nouveau proviseur. Ce Franco-Américain attentif découvre cet établissement à l’identité complexe.

Chacun possède un souvenir d’une nouvelle rentrée, agréable ou pas, au milieu de camarades de classe inconnus. C’est un peu ce qui vient d’arriver à Sean Lynch. Il ne faut pas pour autant, s’attarder sur son patronyme, car le nouveau proviseur du Lycée Français de New York aime particulièrement mettre l’accent sur une chose : sa binationalité franco-américaine. Regard attentif, voix discrète et attitude courtoise : Sean Lynch est un homme qui a le souci de bien faire. Originaire du Maryland, il jongle dès son plus jeune âge entre les Etats-Unis et l’Europe, suivant des études à Yale, Vienne, Oxford, Harvard puis Paris où il est étudiant puis maître de conférence à Science Po. Issu d’une famille d’enseignants – son père était universitaire et sa mère professeur de littérature –, il effectue un virage à 90 degrés dans sa carrière et prend un poste de professeur d’histoire-géographie au Lycée international de Saint Germain-en-Laye, abandonnant la recherche et une “forme d’éducation plus intellectuelle”.

De Saint-Germain-en-Laye à New York

“Tout est parti d’un ami qui m’a demandé de dépanner son école en remplaçant un enseignant de classe de cinquième malade pendant quelques jours” raconte-t-il. “J’ai tout de suite su que je voulais être dans la salle de classe, en contact avec les plus jeunes. Pour parler à des enfants dont les esprits n’ont pas encore totalement été formés, au contraire de ceux que je pouvais rencontrer à l’université”. Sean Lynch va passer quinze années à Saint-Germain-en-Laye. Il devient en 1996 directeur de la section américaine du lycée, avec la tâche de conduire quelques 700 élèves jusqu’à la mention internationale au bac. C’est là que monsieur le proviseur fait ses classes. Regarde-t-on différemment un enfant en tant que directeur ? “Il n’y a pas de différence avec le poste de professeur assure-t-il. L’enfant reste le sens de notre activité. Il est le juge de notre réussite. J’observe souvent les élèves en me demandant si je fais bien mon travail.” Au LFNY, ils sont au nombre de 1 335 cette année. Quant aux 145 professeurs en activité, ils demeurent pour Sean Lynch les “gardes du jardin éducatif “. “Ma priorité actuelle, explique-t-il deux mois après le début de son contrat, est de rencontrer et de connaitre personnellement les élèves, les enseignants, le personnel administratif, les parents, le Conseil d’administration, de visiter les salles de classes ou l’ensemble de nos espaces éducatifs, et surtout d’être à l’écoute. Cela peut paraitre difficile, mais je fais du mieux que je peux.”

Un proviseur avisé

En remplaçant Yves Thézé, l’ancien proviseur qui vient de passer dix ans à la tête du Lycée Français, Sean Lynch a conscience de ses nouvelles responsabilités. En matière de niveau notamment. “Ici, nous avons une tradition d’excellence scolaire, basée sur deux pédagogies aussi extraordinaires que complémentaires, le modèle français et le modèle américain. Je m’atelle à prendre le temps de comprendre l’identité complexe de cet établissement.”
Ce quadragénaire qui a connu différents pays parle aussi bien de vision moderne que de devoir de mémoire. “Cette école qui a vu le jour il y a 75 ans, maintenant adaptée au XXIe siècle, a une certaine éthique en terme de mixité culturelle. Les élèves du LFNY apprennent à se tourner vers la différence. Nous avons un temps d’avance sur d’autres écoles dans le monde.” Sean Lynch sait aussi qu’avec les rênes du Lycée Français il devient une personnalité importante de la communauté française aux Etats-Unis. Une communauté qu’il dit encore découvrir mais qui est déjà invitée aux évènements spéciaux organisés dans l’établissement. Une communauté qui s’est aussi diversifiée dans le temps, en termes d’origines ou de classes sociales notamment, et qui tend à voir avec satisfaction l’éclosion de nouvelles classes bilingues gratuites dans les écoles publiques de New York. Un phénomène que le proviseur assure vouloir regarder de près. “J’espère que le LFNY pourra apporter son expérience aux nouvelles sections francophones qui ouvrent à New York, tout en restant ouvert à la leur.”

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