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Sœurs chocolat, une gourmandise pour les étudiants des Alliances Françaises

Sœurs Chocolat, le dernier roman de l’auteure Catherine Velle, conte les aventures de deux religieuses qui  partent pour la Colombie en quête de fève de cacao afin de sauver leur abbaye. Le livre a été sélectionné cette année par la Fédération des Alliances Françaises des Etats Unis comme livre d’études pour le programme “One Book, One Federation”.

Selon vous, pourquoi votre roman a-t-il été choisi par la Fédération des alliances françaises aux Etats-Unis?

Je ne sais pas quel est le cadre de leurs recherches lorsque les membres de la Fédération doivent sélectionner un livre – s’ils s’orientent plutôt vers des écrivains comme Proust ou des “jeunes” auteurs comme moi – mais avec Sœurs Chocolat,  je crois que la simplicité  et la richesse de l’histoire les a interpellés. Aujourd’hui, je pense qu’il y a trop de livres nombrilistes dans le paysage littéraire français, des auteurs, parfois très jeunes  qui écrivent sur ” eux, leur vie, leur œuvre”. Je ne dis pas que je ne le ferai pas un jour, mais pour le moment j’aime emmener les gens en voyage dans une histoire. L’emballage romanesque de ce livre me permet d’aborder à ma façon le thème de la foi, de l’engagement, de ces femmes qui vont découvrir qu’elles ont le choix et que leur voix compte.

Justement, pourquoi avoir choisi deux religieuses comme personnages principaux, des femmes que l’on ne s’attend pas vraiment à suivre dans un roman d’aventure  ?

Je voulais prendre des femmes qui allaient vivre des choses à l’opposé de leur choix de vie, qui allaient repousser leurs certitudes, des religieuses qui allaient vivre de l’autre côté de la clôture, selon la formule consacrée. En menant cette mission dangereuse en Colombie pour continuer à pouvoir acheter des fèves de cacao et à faire du chocolat pour sauver leur Abbaye en France, les deux moniales deviennent alors deux poissons tombés de leur bocal. Et ces deux individualités fortes, avec Anne qui ne peut par exemple pas s’empêcher de critiquer la jeune Jasmine, vont découvrir au fil de leur aventure une vraie fraternité.

Votre travail au sein d’un magazine féminin, en tant que directrice de la communication au sein du groupe Marie-Claire, a-t-il influencé la personnalité des héroïnes ?

En travaillant à Marie-Claire, il est vrai que je lis beaucoup d’enquête sur des femmes connues ou non, qui m’inspirent. Si je ne suis pas féministe, j’ai confiance en la femme, même la plus timide soit-elle. Ma grand-mère et ma mère me racontaient aussi très souvent une anecdote à propos de mon arrière grand-mère qui, alors que les femmes n’avaient pas encore le droit de vote, n’achetait qu’un seul savon pour la maison sur lequel était écrit “Le femme doit voter”, une façon pour elle de mener un combat de suffragette. Il fallait une sacré trempe pour faire cela à cette époque, un peu ces deux Sœurs lors de leur expédition en Colombie.

Comment avez-vous eu l’idée de cette histoire?

Il y a un peu plus de dix ans, mes parents (ndlr, l’acteur Louis Velle et la romancière Frédérique Hébrard) m’ont ramené de vacances des tablettes de chocolat pliées dans du papier kraft. On leur avait conseillé une abbaye aux alentours de Rodez où des sœurs fabriquaient du chocolat pour vivre et, ils en avaient acheté beaucoup pour les aider. Là, j’ai alors eu une “écharde” créative et j’ai commencé à me renseigner sur ces moniales qui devaient travailler pour payer leurs impôts. Les abbayes ont souvent était construites dans de beaux endroits  pour plaire à Dieu, mais aujourd’hui il est très difficile pour les gens qui y vivent d’entretenir ces lieux. Du coup de nombreux promoteurs attendent avec impatience de pouvoir les racheter pour y construire des hôtels de luxe en lieu et place. Cette anecdote a donné un enjeu à mon histoire : les sœurs devaient partir pour un voyage initiatique, à la conquête de ce Graal que sont les fèves de cacao, afin de sauver leur abbaye.

Le livre est sorti en 2007. Avez-vous d’autres projets?

J’aimerai bien trouver un éditeur qui traduise cette histoire en langues anglaise et espagnole, pour en faire un film et exporter Sœurs Chocolat en Amérique du Sud, là où se déroule le principal de l’aventure. Il faut aussi que je trouve un moyen de me dégager du temps pour me mettre à l’écriture de mon quatrième et cinquième livre que j’ai en tête. Mais depuis un an, avec mon travail à Marie-Claire, je n’arrive pas à écrire. Il y a un choix de vie qui va se poser.

 

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