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Sous le Palais, une place de marché

Dans les coulisses, le festival de Cannes abrite le premier marché du film au monde. La majorité des long-métrages présentés sont des productions indépendantes en langue anglaise. “Une sélection officielle de Cannes donne d’entrée un cachet au film, mais il est important de présenter ses autres projets au marché” explique Grégoire Gensollen, vice-président de FilmNation Entertainment. “Quand un studio aborde un nouveau film, nous avons toujours en tête l’organisation de sa sortie et la place du festival de Cannes dans ce dispositif”, explique-t-il.

Cette année, 12 000 participants venus de 117 pays ont fait le déplacement. La majorité d’entre eux sont des producteurs. Les nouveaux acteurs de l’industrie et les représentants de la VOD représentent 4% des accrédités. Les producteurs se rendent au marché pour trouver des distributeurs pour leur film. Signer avec un distributeur américain pousse d’autres distributeurs internationaux à s’engager sur un long-métrage. Les droits des films y sont achetés d’avance avant leur sortie programmée deux ou trois ans plus tard. On discute de films à tous stades, en organisant des projections pour les acheteurs du film à partir de quelques minutes de rushs parfois. On est en recherche de “talents”, de lieux de tournages, de partenaires financiers, ou d’idées de films. Les affaires conclues pendant cette dizaine de jours atteignent 800 millions de dollars.

L’avenir de 5 200 films se joue dans les allées. 44% d’entre eux sont européens, un cinquième vient des Etats-Unis. La présence grandissante de la Chine, deuxième marché mondial du cinéma (400 ressortissants sont accrédités au festival), a été remarquée cette année. Les films chinois sont mieux distribués dans le monde, tandis que la Chine contrôle et contingente strictement la sortie de films étrangers sur son territoire.

Le marché du film est en stabilisation depuis quelques années. Peu de nouvelles sociétés sont créées. Les projets qui arrivent à Cannes, certes moins nombreux qu’avant, sont aussi plus sûrs, avec un financement plus assuré que par le passé. “Après une certaine frilosité lors de précédentes éditions, il y a de nouveau beaucoup d’argent disponible”, observe Grégoire Gensollen. FilmNation et Paramount ont par exemple signé le 13 mai un contrat record de 20 millions de dollars pour le prochain film du canadien Denis Villeneuve, Story Of Your Life avec Amy Adams.

L’intérêt grandissant de la production française  pour les films en langue anglaise

Les films réalisés par les acteurs sont de plus en plus recherchés par les professionnels. Dans les différentes sélections, ont été projetés cette année les films de Ryan Gosling (Lost River), Tommy Lee Jones (The Homesman), Mélanie Laurent (Respire) ou Asia Argento (L’incomprise). Autre tendance qui se renforce, la présence et l’attractivité de la télévision pour les acteurs et les réalisateurs. On se souvient de la projection de Carlos d’Olivier Assayas en 2010. La présidente du jury de cette année, Jane Campion, a réalisé la série Top of the Lake (2013) et Bruno Dumont a présenté P’tit Quiquin à la Quinzaine des réalisateurs, avant sa diffusion en septembre sur Arte.

La France reste un acteur essentiel du marché du cinéma, que ce soit dans la production, distribution ou pour la vente internationale. En compétition cette année, The Homesman de Tommy Lee Jones est par exemple produit par les Français d’EuropaCorp, et Still the Water de Naomi Kawase est une coproduction franco-hispano-japonaise. EuropaCorp vient par ailleurs d’annoncer qu’il allait consacrer de nouveaux crédits, à hauteur de 450 millions de dollars, pour le financement de la production de films en langue anglaise. “Ce mouvement est inévitable et va se renforcer grâce à  une nouvelle génération de producteurs qui maîtrisent l’anglais et réagissent à la crise du financement du cinéma français, qui est un marché saturé”, explique Grégoire Gensollen. La production internationale est une prise de risques et une alternative pour les producteurs français. Comme l’a résumé dans l’Express le producteur Dimitri Rassam, (Le Prénom et les prochains Petit Prince en 3D et Cobra, Le pirate de l’espace d’Alexandre Aja) : “Si vous jouez au basket-ball, vous avez envie d’être en NBA”.

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