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Un an de prison ferme pour les Français de Guantanamo

 

Cinq Français détenus depuis 2001 à la prison de Guantanamo Bay viennent d’être condamnés à Paris. Une décision contestée par les avocats des détenus.

Le New York Times leur consacre un article dans l’édition en ligne du jeudi 20 décembre. Constatant la reconduite de la peine, le quotidien revient sur la condamnation, en France, des cinq Français auparavant incarcérés dans la redoutable prison de Guantanamo Bay. Jugés coupables d’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » par le Tribunal correctionnel de Paris, ils doivent purger une peine d’un an de prison ferme auquel s’ajoutent trois ans avec sursis. Cette période de détention vient se greffer aux années passées sur la base américaine située au sud de l’île de Cuba entre 2002 et 2005, avant que les autorités françaises aient obtenu leur extradition.

Arrêtés à l’automne 2001 en Afghanistan par les forces américaines, les cinq hommes effectuaient une période d’entraînement militaire dans les camps afghans. S’ils ont toujours plaidé « non coupable » en affirmant qu’ils n’avaient jamais mis en pratique  leur entraînement au combat, cela n’aura pas suffi à les disculper de ce lourd chef d’accusation. «  Aucun d’entre eux n’aurait dû être détenu sur cette base, qui va à l’encontre du respect des règles de droit international, et vivre ce qu’ils ont vécu », rapporte le New York Times en empruntant ces propos au procureur Sonya Djemni-Wagner. Celle qui parle de « détention anormale » en faisant référence à Guantanamo, ajoute : « Toutefois, ils doivent être condamnés en raison de leur usage de faux papiers d’identité et de visas dans le but d’intégrer, en toute connaissance de cause, des structures terroristes ».

À l’issue du jugement, les avocats de Brahim Yadel, (37 ans, sur lequel pesaient les plus lourdes charges), Mourad Benchellali (26 ans) Nizar Sassi (27 ans) Khaled Ben Mustapha, (35 ans) et Redouane Khalid (39 ans) ont fait appel de cette décision.      

Souvent montrée du doigt par les médias et les organisations internationales ou humanitaires pour son existence légale et les conditions physiques des détenus,  Guantanamo Bay retient des prisonniers suspectés de terrorisme ou d’être associés aux actions des talibans. Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, la prison accueillait 775 prisonniers en 2001 (principalement liés à la guerre en Afghanistan). Cette « zone grise », où ne s’applique ni le droit américain, ni le droit cubain, et où les prisonniers sont retenus selon des procédures légales contestables, a été finalement jugée en juin 2006 par la Cour suprême américaine. La Cour a déclaré « illégales » les procédures judiciaires d’exception mises en place à Guantanamo. Pourtant, 355 hommes sont toujours captifs.

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