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Un ex-détenu français de Guantanamo interdit sur un vol Lyon-Montréal

Un ex-détenu français de Guantanamo a été interdit d’embarquer sur un vol d’une compagnie canadienne entre Lyon et Montréal, où il était attendu pour donner des conférences afin de dissuader les jeunes de faire le jihad, a-t-il indiqué vendredi.

Mourad Benchellali a déclaré sur Radio-Canada qu’il n’avait pu monter à bord d’un vol de la compagnie québécoise Air Transat reliant Lyon à Montréal, car celui-ci devait survoler le territoire américain. Il s’est dit étonné d’apprendre que son nom figurait sur la liste des passagers interdits de vol aux Etats-Unis et que la compagnie ne pouvait par conséquent le laisser embarquer en vertu du programme américain “Secure Flight”. “Je me déplaçais pour faire de la prévention. Je raconte mon histoire. Le but est de dissuader les jeunes d’aller dans les dérives”, a-t-il dit à la chaîne publique.

Les organisateurs des conférences qu’il devait donner à Montréal sur les questions de lutte contre la radicalisation ont condamné cette interdiction dans un communiqué, y voyant “la preuve de l’incohérence de certaines mesures iniques et inefficaces prises de façon indiscriminée dans la lutte contre le terrorisme”. Interrogé par les journalistes, le ministre canadien de la Sécurité publique Steven Blaney a refusé de commenter, invoquant le fait qu’il s’agit d'”un enjeu de juridiction américaine”. Or la portion finale du vol censé conduire M. Benchellali à Montréal s’est déroulée entièrement en territoire canadien, l’avion ne s’approchant jamais à plus d’une cinquantaine de kilomètres de la frontière américaine, selon le trajet publié sur le site américain spécialisé FlightAware.

En revanche, il est cependant habituel au départ de Montréal pour Lyon que le vol d’Air Transat survole le nord de l’Etat américain du Maine. A 19 ans, quelques mois avant le 11 septembre 2001, Mourad Benchellali, “naïf” et rêvant de voyager, s’était laissé convaincre par son frère, un jihadiste endurci, d’aller le rejoindre en Afghanistan, racontait-il récemment. “A l’époque, Al-Qaïda, Ben Laden, ça n’évoquait rien à personne. Je ne partais pas avec de mauvaises intentions”. Ses “vacances” avaient rapidement tourné au cauchemar et il s’était fait embrigader par des combattants jihadistes.

Arrêté par l’armée américaine en 2002, il avait passé 30 mois à la prison militaire américaine de Guantanamo à Cuba avant d’être transféré en France, où il avait été condamné à 18 mois de prison. Depuis sa libération en 2007, Mourad Benchellali a raconté son histoire dans un livre, “Voyage dans l’enfer”, et témoigne régulièrement en France, en Suisse ou en Belgique.

 

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