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Un “frenchie” en vacances

Des vacances à l’américaine ? Vu des États-Unis, le qualificatif ne s’applique pas au séjour de Nicolas Sarkozyà Wolfeboro, qu’il quittera vendredi pour rentrer à Paris. Du moins si l’on compare la communication organisée autour du président français à celle mise en place pour un président américain.


Aux États-Unis, les correspondants de la Maison-Blanche suivent partout le président et accompagneront donc George Bush à son ranch de Crawford au Texas. Quelque 150 journalistes, photographes et cameramen se rendent chaque jour à la salle de presse… On est loin des cinq reporters français présents aujourd’hui à Wolfeboro.


Vers 11 heures, chaque matin, un porte-parole de la Maison-Blanche communique aux journalistes le programme détaillé de la journée du chef de l’État, même s’il fait du vélo ou débroussaille son ranch. Les journalistes américains reçoivent aussi la liste des livres que liront George Bush et son épouse Laura. « On est obligé de le croire, de toute façon de là où on est on ne peut pas le voir » , raconte Julie Mason, correspondante à la Maison-Blanche du Houston Chronicle. À l’occasion, un petit groupe de journalistes emmené dans un minibus est autorisé à le suivre pour quelques dizaines de minutes : pour un tour en vélo ou quelques balles de golf.


Dans un pays où il n’y a pas de « droit à la vie privée », si le président est visible, il est entendu que chacun peut le photographier. Mais, placé dans la situation de Nicolas Sarkozy, le président américain se serait assuré un plus grand périmètre de sécurité sur le lac, la route conduisant à sa propriété aurait probablement été fermée au public. D’où la surprise des deux photographes américains qui ont essuyé la colère de Nicolas Sarkozy le 5 août dernier.  « Nous étions dans la légalité, derrière la ligne tracée par sa sécurité. Si vous êtes sur un lieu public, vous avez le droit deprendre des photos », raconte Vincent DeWitt, un des deux photographes sur le bateau. Autre motif d’étonnement : « Le président nous montrait du doigt. » Un geste assimilé ici, à une agression.

Le fait que le président ait pu monter à bord du bateau a surpris aussi. Au comptoir du Wolf Trap, un restaurant de Wolfeboro, un riverain explique que le président français a eu de la chance : « Si vous montez sur le bateau de quelqu’un, vous pouvez vous attendre à une réponse armée. » Vincent DeWitt est même ébahi que les gardes du corps sur le bateau de Nicolas Sarkozy l’aient laissé mettre les pieds sur une embarcation inconnue. « Son service de sécurité ne laisserait pas le président des États-Unis monter à bord d’un bateau occupé par des gens dont on ne sait rien. »
Ultime sujet de stupéfaction qui explique la diffusion de la photo de Nicolas Sarkozy sur les sites Internet américain : il ne portait pas de chemise. « Il est certainement bien fichu, mais ici on n’a jamais vu de président torse nu… », déclare Julie Mason dans un éclat de rire.

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