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Un « model » français de réussite aux États-Unis

Versace, Vuitton, Armani, Chanel ou Ralph Lauren pour ne citer qu’eux. Depuis 12 ans, Philippe Reynaud est l’image des marques les plus luxueuses. Un visage d’ange pour un corps puissant, ce Français installé aux États-Unis s’avère également être un redoutable entrepreneur. Rencontre avec 1m83 de pure ambition. Il a suffi d’une seconde, d’un hasard heureux, pour que la vie de Philippe Reynaud bascule. Il a 20 ans, étudie en Deug de Biologie et enchaîne les petits boulots à Lyon lorsqu’il décide de monter à Paris pour le week-end. Il a suffi d’un instant pour que Mario Testino, l’un des plus célèbres photographes au monde, voit en lui une icône de la mode. Impossible de rester indifférent à ces grands yeux clairs et rêveurs, ce sourire d’une candeur ineffable qui contraste avec cette force physique et cette énergie qu’il dégage. Pourtant, lorsque le photographe l’interpelle pour lui demander son numéro de téléphone, Philippe hésite. Un doute qui aurait pu tout changer dans sa vie.  Il n’aura jamais eu à regretter son choix. Quelques semaines plus tard, il était retenu pour la campagne Versace shootée à Milan, aux côtés d’Eva Herzigova. Son physique « classique – homme» retiendra rapidement l’attention des plus grandes maisons de couture. En face de lui, des photographes de mode comme Paolo Roversi, Steven Klein ou Arthur Elgort capturent son reflet. À ses côtés, des égéries de la mode comme Kate Moss, Christy Turlington ou même Jessica Alba, figent l’image du couple rêvé.  Celui qui est aussi à l’aise avec Karl Lagerfeld qu’il l’est avec le commun des mortels va enchaîner les séances photos et les défilés à travers le monde. Pendant douze ans, il prendra l’avion comme certains prennent le bus pour jongler entre ses trois vies à Paris, Milan, New York. Malgré le succès, l’éphèbe n’en gardera pas moins les pieds sur terre : « Ce métier a des aspects extraordinaires. Les bons côtés sont inévitablement les voyages, qui vous apprennent à regarder le monde autrement, les centaines de personnalités que l’on rencontre durant toute l’année, le moyen de gagner sa vie facilement. Mais, comme pour tout, le meilleur entraîne parfois le pire : j’ai vu des amis se perdre dans la drogue, l’alcool ou la vanité. C’est difficile, dans ce métier, de ne pas s’égarer et de découvrir qui l’on est vraiment. En particulier lorsque l’on commence sa carrière très jeune », avoue-t-il à demi-mot, comme la confession d’un secret à cacher. « Pour ma part, ce qui me donne ma force, c’est de rester très proche des choses simples et de me réaliser à travers les actions que j’entreprends. J’ai en permanence ce besoin  de concrétiser les ambitions que je me suis fixées », ajoute-il.  S’il n’avait jamais imaginé incarner un jour une figure de la mode, le mannequin, détenteur d’un baccalauréat avec mention bien, était en revanche convaincu qu’il deviendrait un homme d’affaires. Son goût pour le défi l’a aujourd’hui poussé à créer non pas une, mais trois sociétés. Fort de ses voyages et de ses rencontres, il a pris le temps d’analyser, d’observer le monde qui l’entoure pour imaginer des concepts dans le domaine qu’il connait tant aujourd’hui : le luxe et la mode. Après avoir lancé l’année dernière une ligne de vêtements et une compagnie de location de limousines à Paris, ses derniers efforts ont été pour L Gallery Studio, basé à New York. Avec l’aide de son associé Pierre-Antoine Oury, il a imaginé les décors de 400 m2 entièrement pensés pour photographier les tendances. Pendant neuf mois, Philippe a mis au monde ce projet qui aujourd’hui lui ressemble. Depuis son amour pour l’art antique et du design jusqu’à son expérience en tant que créateur de mode, tout a été pensé pour simplifier le travail de ceux qui font la mode : « Nous avons créé cet espace comme une œuvre que l’on ferait évoluer avec les caprices et les bonnes surprises de la réalisation. Mais nous avons avant tout pensé l’endroit comme un cocon, pour que tous les maillons de la mode, depuis l’assistant jusqu’au photographe en passant par le créateur et les modèles, se sentent bien dans des décors pourtant sophistiqués ». Cet amoureux de la photographie qui a également posé pour Bettina Rheims dans la série INRI, a conscience du fait qu’une telle entreprise aurait été difficilement réalisable en France. Quel autre endroit que le monde de Broadway et le berceau du rêve américain aurait pu donner naissance à cet univers de strass et de lumières ? Premiers à faire crépiter les flashs à L Gallery, les personnalités de la mode, des médias ou des célébrités comme Mariah Carey qui se sont retrouvées le 7 septembre dernier pour l’inauguration du studio. Lors de cette soirée, les deux français ont opté pour l’originalité : à l’heure où les pontes de la mode paraient les modèles de leurs nouvelles collections, L Gallery Studio choisissait de déshabiller les corps à travers l’exposition 20 ans de nudité, par le photographe américain Michael Sutton.  

Aujourd’hui, toutes les cartes sont entre les mains de ce joli cœur. Si l’on en croit sa bonne étoile, tout porte à croire que cet as de la mode a encore réalisé un coup de poker en misant sur l’atout « french touch » de l’autre côté de l’Atlantique.  

Retrouvez L Gallery Studio sur http://www.lgallerystudio.net

Retrouvez l’exposition 20 ans de nudité, par le photographe américain Michael Sutton sur http://www.figureinform.com/

 

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