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Un pétrolier s’échoue dans l’Arctique canadien

Un pétrolier transportant quelque neuf millions de litres de diesel s’est échoué dans la voie maritime du passage du Nord-Ouest, dans l’Arctique canadien, a annoncé jeudi un porte-parole des garde-côtes, affirmant que pour le moment rien n’indique que le navire fuit.

“Un pétrolier s’est échoué près de Gjoa Haven” dans la province nordique du Nunavut, a déclaré à l’AFP Nelson Kalil, porte-parole des garde-côtes canadiens. Le Nanny, armé par le groupe canadien Woodward’s Oil, venait ravitailler cette petite communauté inuit vivant sur les rives de la mer de Beaufort, à environ 250 km au nord du cercle arctique, lorsqu’il s’est échoué sur un banc de sable. Le brise-glace Henry Larsen, des garde-côtes canadiens, est rapidement arrivé sur place. Aidé de l’hélicoptère du navire, l’équipage a inspecté la zone et n’a remarqué aucune trace de brut dans les eaux polaires.

“Pour le moment, il n’y a ni pollution, ni dommages sur le navire”, a indiqué à l’AFP Larry Trigatti, en charge des catastrophes écologiques pour les garde-côtes canadiens. Les garde-côtes attendent désormais “les plans du propriétaire du navire pour mener les opérations (visant à remettre à flot le Nanny) de la manière la plus prudente”, a indiqué M. Trigatti. “Les plans d’intervention classiques dans ce cas sont de transférer une partie du produit vers un autre bateau de sorte que le navire puisse flotter à nouveau”, a-t-il expliqué.

Avec l’accélération de la fonte des glaces, l’Arctique canadien n’a cessé de gagner de l’intérêt aux yeux d’Ottawa, mais aussi des groupes spécialisés dans le transport maritime et l’exploitation d’hydrocarbures. Les fonds marins de l’océan Arctique pourraient receler 13% des réserves de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel non découvertes de la planète, selon l’agence américaine de recherche géologique.

Désormais libre de glaces pendant quelques semaines estivales, le passage du Nord-Ouest est vu par certains comme une voie d’avenir pour relier en peu de temps l’Europe et l’Asie. Egalement, les bateaux de croisière s’y font plus nombreux. Mais la semaine dernière un petit paquebot, le Clipper Adventurer, avait heurté un rocher non cartographié dans cette voie, forçant l’évacuation des 110 passagers et de l’équipage.

Ecologistes, Inuits et certains élus canadiens se sont régulièrement inquiétés des risques de catastrophe écologique et humaine que pourrait engendrer le naufrage d’un navire de commerce, d’un pétrolier, ou encore d’un bateau de croisière. A la différence de la Russie qui dispose de plusieurs bases le long du passage du Nord-Est, le Canada ne possède aucun port en eau profonde en Arctique. Et sa flotte de brise-glaces paraît modeste face à l’étendue à surveiller et protéger.

 

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