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Un styliste français habille les « chiens du millénaire » en jeans

Micky Job, un designer français établi aux États-Unis, a créé avec deux associés une ligne de vêtements en jeans pour chiens. Coup de projecteur sur le surprenant marché du prêt-à-porter canin.

Quand vient l’hiver, la scène se reproduit régulièrement dans les rues américaines. Des chiens, de toutes tailles et races, se blottissent dans un anorak, voire un manteau de fourrure. « C’est un caprice du maître », selon Micky Job, un entrepreneur français établi à Brooklyn. « Il y a cent ans, un chien n’avait pas besoin de manteau. Pourtant, il ne faisait pas moins froid. »

De ces « caprices », cependant, Micky Job fait son beurre. À 43 ans, ce styliste français, est le cofondateur de Chien de Nîmes, une marque de vêtements en jeans pour chien, lancée l’été dernier. En 2008, l’économie du chien pesait 43,4 milliards de dollars, selon l’American Pet Products Association (APPA), et pourrait atteindre les 51 milliards de dollars en 2009.

Avec sa collection d’habits haut de gamme, le Français espère rejoindre les rangs des professionnels du chien qui profitent des retombées économiques du « chien du millénaire », une formule qui désigne un toutou des temps modernes choyé par ses maîtres. « Il y a une centaine d’années, les gens avaient un berger allemand qu’ils adoraient mais qui ne dormait pas dans la maison, analyse Micky Job. Mais le chien, rapidement, est devenu une partie de la famille. Énormément de parents dont l’enfant est à l’université prennent un chien par exemple. C’est un nouveau poste de dépense au même titre que les voyages, la cosmétique pour homme ou la voiture. »

Micky Job, lui, n’a pas de chien et refuse d’en avoir un tant qu’il voyagera. La mode, en revanche, n’a pas de secret pour ce styliste qui a fait ses armes dans la haute couture chez Jean-Rémy Daumas à Paris, avant de faire du conseil en design pour Kenzo et plusieurs autres grands noms de la mode. Après s’être expatrié à Marrakech au Maroc, il se spécialise dans le jeans. « Le jeans est une catégorie à part entière, souligne-t-il. Il n’a pas de saison. Avec une bonne coupe, et un bon tissu sur lequel on peut faire 60 délavages différents, il est possible de donner beaucoup de vie à un modèle. »

À 30 ans, Micky Job décide de prendre un nouveau départ. Direction New York. Après un bref détour par le monde de la restauration, il devient styliste free-lance. Il songe un temps à lancer sa ligne de jeans, mais la saturation du marché l’en dissuade. L’an dernier, il décide donc de s’attaquer au marché du chien. Avec ses associés à Los Angeles, Yann Benchetrit and Marie-Pierre Agostini, le styliste qui travaille aujourd’hui pour Perry Ellis, créé une collection de vêtements en denim, haut de gamme, pour chien de petite taille.

Au bout de sept mois de travail, il complète trois modèles, inspirés du Bomber Jacket d’Alpha Industries, qui équipe les patrouilles canines de l’armée américaine. « Il fallait quelque chose de facile à mettre et à enlever, mais de solide aussi pour retenir le chien si jamais un camion passe », souligne Micky Job. Les  toutous aux maîtresses fashionistas ont droit à des tenues à poches, agrémentées de motifs comme des fleurs ou des perles multicolores.

Chien de Nîmes ne connaît pas les délocalisations. Micky Job se targue  d’utiliser du coton de Caroline du Nord et de faire fabriquer ses modèles à Los Angeles. Le climat économique morose ne semble pas avoir entamé sa confiance. S’il reconnaît que fin 2008, son carnet de commandes n’était rempli qu’au tiers de ce qu’il escomptait « à cause de la récession », il espère augmenter les ventes grâce à son site Internet, lancé en septembre 2008. Avec plusieurs projets dans les cartons, dont une collection de laisses denim et un parfum pour chien, il veut enrichir de sa gamme de produits. L’entrepreneur raconte que Paris Hilton se serait déjà laissée tenter.

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