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Une députée française en formation en Amérique

Virginie Duby-Muller, députée UMP de la quatrième circonscription de la Haute-Savoie, s’est rendue cet été aux Etats-Unis dans le cadre de l’International Visitor Leadership Program (ILVP) du département d’Etat américain.

Le programme est piloté par le bureau des affaires éducatives et culturelles du département d’Etat, qui a très tôt misé sur le soft power. Créé en 1940 par Nelson Rockefeller, alors coordinateur des affaires commerciales et culturelles des Républiques américaines, il a d’abord reçu 130 journalistes d’Amérique latine sur le territoire américain. Le programme s’est depuis ouvert à toutes les nationalités et accueille chaque année aux Etats-Unis 5 000 participants.

Le but est de faire connaître les Etats-Unis aux dirigeants étrangers et d’établir des liens personnels, sur le long terme, entre les différentes nationalités. Le programme dure généralement trois semaines, dans quatre lieux différents. Il n’est pas possible de déposer sa candidature, la sélection se fait via les ambassades américaines dans le monde. Les participants français font ensuite vivre le réseau à Paris au sein du Cercle Jefferson.

Les déplacements sont établis en fonction des thématiques sélectionnées par le participant. Pendant trois semaines, Virignie Duby-Muller s’est rendue à Manchester et Concord (New Hampshire), à St. Petersburg (Floride), à Salt Lake City (Utah) et à Detroit (Michigan). Ce n’était pas la première expérience américaine pour l’élue, ayant déjà effectué deux voyages d’études dont un stage, pendant ses études de sciences politiques, à la mission scientifique du consulat de San Francisco.

Son séjour a débuté à Washington D.C., où elle a suivi un cours de droit sur le fédéralisme et rencontré des universitaires, des patrons et des élus, dont Donna Edwards, représentante démocrate du Maryland. La jeunesse de l’élue française (35 ans) a frappé ses homologues américains. Elle reste cependant une exception : l’âge moyen des membres de l’Assemblée nationale est de 54 ans contre 57 ans à la Chambre des représentants et 63 ans au Sénat américain. Revenant sur ces rencontres, la député se dit “choquée par les montants démesurés des campagnes électorales américaines, sans plafond”.

Autre sujet de préoccupation, l’absence de congé maternité : “On réalise qu’en France, le système de protection sociale est assez solide, parfois un peu trop”, explique la députée. Le système de congé de maternité est en vigueur dans seulement trois Etats (Californie, New Jersey et Rhode Island). Les offres de crèches et de garde d’enfants sont aussi beaucoup plus limitées et coûteuses qu’en France.

Education et place des femmes en politique

A Lago, en Floride, Virginie Duby-Muller a visité le Stavros Insitute, une organistation de la fondation privée Pinellas, financée par les entreprises, qui propose des actions de sensibilisation aux écoliers et lycéens. Pendant une journée, ils déambulent dans une ville factice et doivent gérer un budget virtuel en fonction de leurs achats. Selon Virginie Duby Muller, “les jeunes comprennent ainsi à quoi sert une entreprise, comment elle fonctionne, ils se familiarisent avec l’esprit d’entreprise et pour les plus âgés, apprennent à se responsabiliser”. La députée a ensuite été accueillie par une famille franco-américaine le temps d’une soirée conviviale home hospitality.

Pour son séjour à Detroit, l’accent a été mis sur les thématiques transfrontalières et sur la sécurité. Detroit est la plus grande zone frontalière d’échange aux Etats-Unis, même si la ville est aujourd’hui sinistrée. En 2010, les exportations américaines vers le Canada représentaient 249 milliards de dollars, soit près de 20 % de l’ensemble des exportations. Virginie Duby-Muller a visité l’université de la ville et a rencontré des associations de femmes qui font de l’action sociale dans les quartiers défavorisés. Elle a aussi participé à une patrouille de la police de Detroit.

Dans le New Hampshire, l’élue française a découvert un programme du parti républicain local pour favoriser l’accès des femmes en politique. Pendant un an, ce groupe offre du media training, des cours sur les institutions et du tutorat par des femmes déjà élues qui partagent leur expérience. Selon Virginie Duby-Muller, “les femmes ne se présentent pas souvent aux élections, elles ont en quelque sorte un complexe d’infériorité, des difficultés à concilier responsabilités publiques et vie de famille. Les partis politiques donnent aussi moins accès aux femmes aux positions électives, ou on les envoie dans des circonscriptions perdues d’avance. Je me demande maintenant dans quelle mesure on pourrait mettre en œuvre ce type d’action à l’UMP”.

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