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Une histoire française


Washington se révèle particulièrement accueillante pour les francophones. Diplomates, expatriés et étudiants se côtoient dans une ville aux allures européennes


 


 


D’habitude calme en semaine, le bar du restaurant Panache déborde d’activité par cette chaude soirée d’été. Une cinquantaine de francophones ont envahi les lieux à l’occasion du rendez-vous mensuel du Washington French Expat Meetup Group. On raconte ses vacances, et on y échange des infos pratiques. Les contacts se nouent facilement autour d’un verre. « Il s’agit simplement de rencontrer d’autres Français, de parler notre langue, en partageant les mêmes références culturelles », explique Nicolas Boring, avocat de 31 ans, animateur bénévole du groupe depuis deux ans. « Beaucoup de nos membres sont ici depuis peu et cherchent à se faire des amis. D’autres sont installés ici de façon permanente et n’ont plus beaucoup l’occasion de parler français. La langue crée un lien immédiat. »


 


Stagiaires, cadres, étudiants, chercheurs et entrepreneurs, un bref tour de salle révèle des profils divers, à l’image de la communauté française de Washington. D’après Jean-Pierre Allex-Lyoudi, consul général de France à Washington, il y aurait « environ 20 000 Français établis dans la capitale américaine et ses environs ». Près de 160 entreprises françaises sont implantées dans la région, principalement dans les banlieues du Maryland et de Virginie. C’est le cas de la Sodexho, leader mondial de la restauration, de Thales et du Groupe Safran. Mais ces sociétés emploient en grande majorité du personnel local et de moins en moins de cadres expatriés.


C’est donc ailleurs que travaillent la majorité des Français de Washington. On en recense environ 400 dans les institutions financières internationales (Banque mondiale et Fonds monétaire international), une centaine de chercheurs aux National Institutes of Health et d’innombrables cadres et entrepreneurs, attirés par la forte croissance économique de la région.


 


Les Français sont aussi actifs dans l’hôtellerie haut de gamme et dans la restauration – Washington compte une quarantaine de restaurants français et l’une des plus grandes stars de la cuisine hexagonale aux États-Unis, Michel Richard. Cette diversité se retrouve dans la vie associative : les Français de la capitale ont le choix entre une trentaine d’associations, dont un club philosophique, une association d’anciens combattants, un club de boulistes, une troupe de théâtre francophone, ou encore Washington Accueil, qui se charge d’orienter les nouveaux venus. Le Comité tricolore fédère toutes ces associations. Il a aussi pour vocation de venir en aide aux personnes en difficulté, « pour la plupart des personnes âgées sans ressources. Tous les ans, les bénéfices du gala du Bastille Day organisé par le Comité tricolore à l’ambassade leur sont entièrement reversés », précise Victor Obadia, qui a présidé ce comité pendant 8 ans.


 


Le lycée français étant situé à Bethes-da, bon nombre de familles expatriées habitent cette banlieue cossue du Maryland, au nord-ouest du District de Columbia. Quant aux enfants français scolarisés en milieu américain, ils ont depuis l’automne 2006 la possibilité de suivre des cours de français à l’Alliance Française de Washington. «Souvent, ces enfants français ou franco-américains parlent couramment le français à la maison, mais le lisent et l’écrivent très mal. Notre but est qu’ils puissent rédiger une lettre à leurs grands-parents et qu’ils prennent plaisir à lire en français », explique Sarah Pickup-Diligenti, directrice pédagogique. Située dans une élégante demeure particulière au cœur de la capitale, l’Alliance Française ne se contente pas de dispenser des cours de français aux anglophones. Elle offre également depuis peu des cours d’anglais destinés aux adultes francophones. Mais si l’Alliance est appréciée, c’est aussi et surtout pour sa médiathèque, qui permet de se tenir au courant de l’actualité culturelle francophone, en empruntant les derniers livres, DVD et CD. Sans oublier ses soirées mensuelles vin-fromage et les conférences, débats et rencontres avec des auteurs et journalistes, organisés régulièrement. Les plus petits aussi viennent à l’Alliance. Ils ont droit deux fois par mois à la lecture d’un conte en français.


 


Autre pilier de la vie culturelle francophone de Washington, la Maison française de l’ambassade de France propose films, concerts, conférences et spectacles d’artistes français ou francophones, souvent en partenariat avec d’autres institutions culturelles. Difficile dans ces conditions, de vivre dans la capitale américaine sans jamais parler ou entendre parler français !

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