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Une première école franco-américaine a ouvert ses portes à Santa Rosa en Californie

250 élèves inscrits pour une première ouverture et une liste d’attente déjà ouverte pour l’année prochaine : les fondateurs de la Santa Rosa French-American Charter School (SRFAC), dans le comté de Sonoma en Californie, ont le sourire. Un soulagement, après la polémique qui a fait rage les six derniers mois avant la rentrée.

Quand elle était présidente de l’Alliance Française de Santa Rosa, Najine Shariat recevait beaucoup d’appels de parents expatriés ou américains qui cherchaient une école française dans les environs. “Nous avons essayé de proposer des cours mais ce n’était en rien l’équivalent d’une école primaire”, raconte-t-elle. Originaire d’Iran, ayant étudié à Paris et à Montréal, elle rêvait d’une éducation identique pour sa fille Sori, aujourd’hui âgée de 6 ans. Problème : la seule possibilité était une école privée à Corte Madera, dans le comté de Marin, à 80 miles de chez elle, très loin aussi pour les autres familles.

“On a commencé à travailler sur le contenu d’une pétition avec quatre autres personnes. L’Etat de Californie nous demandait de recueillir une cinquantaine de signatures de la communauté française et de trouver une centaine de parents intéressés. On en a eu plus de 500 !”, se félicite-t-elle. L’année 2011 fut consacrée à l’élaboration du business plan et à la procédure, afin de doter l’école d’un contrat de trois ans avec le district. Un dossier pour lequel Santa Rosa City Schools Board a finalement donné son approbation le 14 décembre dernier, donnant naissance à la Santa Rosa French-American Charter School (SRFAC).

La SRFACS dans la tourmente

Restait à trouver des locaux pour être accepté par l’Etat de Californie – une tâche qui incombe au Sonoma County school district, qui décide de fermer la Doyle Park Elementary School, un site soixantenaire, au profit de l’ouverture de la SRFACS. L’argumentaire s’appuie sur la baisse des inscriptions, les mauvais résultats des élèves et le déficit de fonctionnement de 180 000 dollars pour l’année 2010-2011 dans cette école élémentaire. La décision a créé une polémique entraînant, en avril dernier, une action en justice devant le Sonoma County Superior Court.

Le Doyle Park Committee for Education Equity porte plainte. Représenté par deux avocats du Groupe des droits civiques de San Francisco, le comité conteste cette fermeture, arguant qu’elle est illégale et discriminatoire envers les élèves de l’établissement, composé à 73% d’écoliers latinos. Pour les plus critiques, elle vise à faire venir plus de familles blanches à haut revenus, aux dépends de minorités moins riches. Un accord est finalement conclu en mai dernier, non sans mal. Si la Doyle Elementary School reste ouverte dans “un couloir réservé” du campus de la nouvelle SRFAC pour l’année 2012-2013, elle fonctionnera comme une antenne de la Brook Hill Elementary School. “Plusieurs des anciens élèves venaient d’autres endroits, ils sont donc retournés dans leur district respectif”, assure Najine Shariat.

C’est dans ce contexte tumultueux que 250 écoliers du Pre-K (petite section) au 6th-Grade (6e) et douze professeurs, dont la moitié sont diplômés de l’Etat français, ont fait leur rentrée le 20 août dernier. Chaque année, un nouveau niveau devrait ouvrir jusqu’au 8th-Grade (4e). “La Baie est composée d’une majorité de gens qui ont un doctorat et pour qui l’éducation française jouit toujours d’une très bonne réputation, pour sa rigueur et pour la richesse de sa culture”, ajoute Najine Shariat. “Pouvoir offrir à son enfant un curriculum en français dans une école publique est une vraie chance. Une liste d’attente est déjà ouverte pour l’année prochaine.”

Un budget de 5 000 dollars par élève

Nommé directeur en mai dernier, Pascal Stricher, fraîchement arrivé de la Toronto French School au Canada, a lui aussi été séduit par cette école à charte au curriculum francophone. “C’est un projet dont j’avais toujours rêvé. J’avais dirigé pendant quatorze ans le Lycée international de Los Angeles dans le comté d’Orange, qui offrait aussi un programme franco-américain mais qui était privé. Je me souviens à chaque fois de la difficulté que c’était de faire visiter l’établissement aux parents, très intéressés, mais qui ne pouvaient pas y avoir financièrement accès.” A l’école franco-américaine de Santa Rosa, 5 000 dollars sont ainsi donnés par l’Etat de Californie à l’école pour chaque élève.

Dans les classes, peu d’enfants sont français ou francophones. La majorité a néanmoins un parent qui a une maîtrise relative de la langue de Molière. En immersion au quotidien pour étudier les standards du programme définis par l’Etat de Californie, les écoliers auront une heure de cours d’anglais par jour. “Pour cette première année, il faudra un moment d’adaptation où le français sera dans un premier temps étudié comme une langue étrangère”, tient à préciser le nouveau directeur. “Mais comme les écoles privées franco-américaines, nous avons acheté nos manuels scolaires en France.”

A terme, si les résultats sont satisfaisants, la Santa Rosa French-American Charter School (SRFAC) espère pouvoir obtenir une reconnaissance de l’Etat français et rejoindre ainsi le réseau des écoles franco-américaines homologuées par ministère de l’Education.

Pour plus d’informations :

http://www.srfacs.org/

  • Merci de partager vos expériences pour l’ouverture d’une école française pour tous.
    Nous sommes quelques enseignantes dans le privé et nous projetons de travailler sur ce projet vraisemblablement au Sud de San Francisco.
    Bonne continuation

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