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Une vallée cachée

Le Célé prend sa source au cœur des monts du Cantal et serpente sur 100 kilomètres à travers le Quercy avant de se jeter dans le Lot, non loin de l’un des plus beaux villages de France: Saint-Cirq Lapopie.


Le Célé joue à cache-cache avec les hommes, avec la nature, et c’est parfait ainsi. La plus grosse ville qu’il traverse Figeac, n’est qu’une belle mais modeste sous-préfecture de 10000 habitants. Puis il arrose, dans sa vallée souvent encaissée, de charmants villages, quasi déserts en hiver, qui n’ont rien cédé à la modernité. Avec leurs habitations troglodytes encore visibles et leur mystérieuses grottes, les falaises ocre-gris des causses dominant le Célé semblent ne pas avoir changé depuis la préhistoire. Seuls les pêcheurs qui taquinent le goujon assis sur un pont de pierre ou le long des petites routes sinueuses scandées de poteaux électriques, rappellent la présence humaine en ces terres immuables.


 


Autant dire que le Célé est le guide rêvé pour nous faire (re)découvrir, hors des sentiers battus, un Quercy d’une richesse et d’une beauté exceptionnelles. La balade débute à Figeac, ville natale de Champollion, l’homme qui, le premier, déchiffra les hiéroglyphes grâce à la pierre de Rosette ( dont on peut admirer une reproduction place des Écritures). Fondée au IXe siècle sous l’autorité de l’abbaye de Conques, Figeac, orientée sur le commerce national et international, a profité de la richesse de ses marchands pour grandir et embellir. Malgré les guerres de religion, elle a continué de prospérer et conservé intact le centre ville que l’on découvre aujourd’hui avec ses églises, ses cours cachées et ses vieilles rues pavées qui grimpent jusqu’aux hauteurs du foirail. Un merveilleux hôtel de la Monnaie, plusieurs hôtels gothiques, de riches chapiteaux,  un marché coloré et une affabilité omniprésente: Figeac mérite une journée de visite.


 


Vestiges


Poursuivons le cours du Célé,  ponctué, au fil de ses rives, de châteaux et manoirs qui le surplombent, jusqu’à l’étape suivante: Béduer. Ce village, lui aussi, est dominé par l’un des plus anciens châteaux du Quercy. Au fil de la balade, vous trouvez d’innombrables vestiges de la vie d’autrefois:un abreuvoir à Cornillou; des pigeonniers à Laparrot, un puits et une caselle (abris de pierres sèches construits par les bergers) aux Combettes. Plus loin, Corn (dont on ne prononce pas le n et qui n’a rien à voir avec le maïs!) déploie les restes de son patrimoine médiéval et rural, en particulier un beau lavoir et un métier à ferrer les bœufs. Passons les châteaux de Goudou et de Roquefort pour arriver à Espagnac Sainte-Eulalie, facilement reconnaissable à l’élégant clocher de son prieuré, fondé en 1150 par un moine errant. Dans ce merveilleux village d’où partent de nombreuses promenades ( dont l’une mène à l’étonnante «source bleue»), vous retrouvez partout pigeonniers carrés, faîtages, pierres et tuiles anciennes qui sont la marque du Quercy. L’ancienne abbaye, son jardin et les vestiges du cloître méritent une visite.


Plus loin, Brengues vaut surtout par son château anglais du XIe siècle. À Saint-Sulpice, si vous êtes en canoë, quittez le lit de la rivière pour grimper à l’assaut des falaises où était accrochée jadis une construction fortifiée dont il ne reste que de rares vestiges autour desquels virevoltent les choucas en croassant. La petite route qui s’élève au dessus de l’église offre un superbe point de vue sur les causses et le Célé.


 


 


En descendant encore la rivière, nous voici à Marcilhac, village dominé par une falaise immense à trois étages se reflétant dans les eaux pures du Célé. Siège d’une abbatiale bénédictine puissante jusqu’au XIIIe siècle, Marcilhac a conservé une bonne part de ce chef-d’œuvre de l’art roman dont on peut encore admirer le portail sud, la nef et les chapiteaux ornés d’un bestiaire d’animaux mythiques. À Sauliac-sur-Célé, c’est l’heure de la baignade, dans un coude où la rivière se fait plus profonde. Puis on grimpe, là encore, en haut des falaises, pour visiter des maisons troglodytes et admirer le paysage alentour avant d’aller faire un tour à l’intéressant Musée de plein air du Quercy, à Cuzals.


À Cabrerets, dominé par la tour ronde de son château vous pouvez faire étape en attendant de visiter, le lendemain, la grotte de Pech Merle. Découverte en 1922, celle-ci, immense et formée de deux étages de galeries, est, avec ses chevaux peints, ses bisons, ses empreintes de pieds et de mains, l’un des hauts lieux de l’art pariétal en France.Une fois remonté à la surface, il ne vous reste plus que quelques kilomètres pour déboucher à Conduché, où le Célé se jette dans le Lot. Et que commence une nouvelle aventure.

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