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Université de Reno : menaces sur le département de français

Brian Sandoval, le gouverneur du Nevada, prévoit d’amputer le budget de l’Université de Reno de 59 millions de dollars en juillet  2012. Résultat : le département de français risque fort de disparaître.

Déjà amputée de 44 millions de dollars de budget depuis 2009, l’Université de Reno va être confrontée en juillet 2012 à des coupes qui pourraient atteindre 59 millions de dollars. Le président ne sait plus où faire des économies.

L’an dernier, le département de français avait cru vivre ses dernières heures. « On a déjà manifesté l’an dernier, organisé des pétitions. Cette année, on est un peu fatigués », confie Isabelle Favre, professeur associé à l’université. Le couperet tombera début juin, lorsque le Board of Regents (conseil d’administration) se prononcera sur les coupes budgétaires du président. Si elles sont acceptées, les fermetures seront effectives le 30 juin.

« Si la coupe est confirmée par le gouverneur, le budget de l’université aura diminué de plus de 100 millions en 4 ans, nous aurons dû supprimer plus de 700 postes et plus de 30 diplômes », déplore le président de l’université, Milton D. Glick. Dès lors, il doit choisir « le moins pire » pour l’université.

« Le moins pire » comprend selon lui la fermeture des départements de danse, théâtre, philosophie et français, en raison du nombre relativement faible d’étudiants. Une spécialisation en espagnol deviendrait alors leur seul choix en langue étrangère, les autres langues ayant déjà fait les frais de la dernière coupe budgétaire, à l’exception du français.

Sauvons le français

« N’y a t-il vraiment rien d’autre à faire que de fermer notre département? », s’interroge Isabelle Favre. « Le département a plus que triplé depuis 2003 et les étudiants sont très demandeurs, c’est une aberration », s’exclame t-elle. Elle souligne également le fait que « 20% des étudiants de Reno sont Latinos-Américains, il est vraiment regrettable de ne pas pouvoir leur proposer l’apprentissage d’une langue étrangère. »

Le président Milton D. Glick relativise : « les étudiants pourront apprendre le français, tout comme le chinois, le japonais et l’allemand, à raison d’un cours par semaine, mais ne pourront pas obtenir de diplôme », comme les 120 étudiants actuels.

Plus aucune université du Nevada ne permettrait alors d’être diplômé dans la langue de Molière. Isabelle Favre ajoute : « Nous sommes l’université de recherche de l’Etat, nous avons un statut à défendre, estime-t-elle. Si le département ferme, le Nevada deviendrait le seul Etat où la principale université de recherche n’aurait pas de département de français.» (ndlr : il n’y a que deux universités dans le Nevada, la deuxième étant à Las Vegas). Les départements des collèges et lycées enseignant le français aux alentours de Reno seraient eux aussi en péril.

Lassés, les francophiles de Reno n’en sont pas moins mobilisés. Jaclyn Davis, étudiante de troisième cycle, spécialisée en littérature française, préside le comité « Sauvons le français ». Cette Américaine souhaite que les futurs étudiants puissent accéder à une culture qu’elle adore. Elle organise la riposte : t-shirts « I love French », manifestations, pétitions… Mais elle n’est guère optimiste : « le gouverneur ne veut pas augmenter les taxes. Il ne pense que à couper dans les budgets. Et après, chaque année, le président s’en prend aux langues étrangères. » Jaclyn Davis s’interroge : « même si notre département est sauvé, qu’en sera t-il la prochaine fois ? »

A noter :

Des lettres de soutien peuvent être adressées aux membres du Board of Regents :

– Daniel Klaich , Chancellor: chancellor@nevada.edu

– Marc Johnson, Provost: marc@unr.edu

– Darrell Lockhart, Chair: lockhart@unr.edu

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