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Universités : la tentation du diplôme canadien

Extrait de France-Amérique n°12, du 31 octobre au 20 novembre 2007

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Depuis dix ans le nombre de Français partis faire leurs études au Canada a doublé. Ils recherchent l’aventure, et souhaitent profiter des avantages qu’offre le pays.

Parlez à quelques-uns des 4 242 étudiants français au Canada, et tous vous diront la même chose: le Canada? C’est génial! Pour expliquer cet enthousiasme généralisé, il faut se pencher sur les avantages qu’offre le système canadien. En tête des atouts, l’excellent rapport qualité/prix des établissements du pays. D’après un sondage réalisé en 2003 par l’Association of Commonwealth Universities, les frais de scolarité imposés aux candidats en premier cycle d’une université publique au Canada sont trois fois moins élevés que ceux pratiqués dans une université publique aux États-Unis, deux fois moins dans le cas d’une université privée. Pour encourager la venue d’étudiants français, quelques universités pratiquent même des prix avantageux pour ces derniers. Ainsi, pour suivre cinq cours à l’université de Québec à Montréal, un étudiant français ou québécois déboursera 1 000 dollars contre 6 137 pour un canadien ou un étranger !

Mais ces prix réduits ne signifient pas un enseignement de moins bonne qualité. Au Canada, l’étudiant est un client. La majorité des universités du territoire propose un enseignement bilingue en français ou en anglais, le choix de la langue est laissé à la discrétion de chacun. Pour davantage de polyvalence les élèves peuvent également cumuler des matières très
diverses. "En France les études universitaires sont choisies en fonction de son choix de section S/ES/L, au Canada
l’éducation est plus libérale
" explique Émilie, étudiante à Mc Gill. Ainsi à l’université de Québec à Montréal il est possible de prendre des cours hors programme, un élève inscrit en finance peut également suivre des cours d’introduction à l’électromagnétisme.

Outre une offre très large, le système d’éducation canadien séduit par lanature de son enseignement, dans le pays où le maître mot est la pédagogie. "Le professeur crée une relation de proximité avec l’élève" explique Yvette Cogne, responsable du bureau international de HEC Montréal. Pendant les cours, le tutoiement est de rigueur et les élèves sont amenés à noter les professeurs à chaque fin de session. "L’approche avec les étudiants est aussi très différente" ajoute-t-elle, "on insiste sur ce qui est bien fait pour redonner confiance à l’élève. On recherche le talent de la personne." Ce mode de fonctionnement permet d’attirer des gens dont le profil ne correspondrait pas à celui recherché dans les grandes écoles françaises. HEC Montréal accueille aussi bien des fils de grands patrons que des sportifs de haut niveau pour lesquels elle n’hésite pas à aménager l’emploi du temps.

Le dernier atout de ce pays grand comme dix-huit fois la France est la qualité de vie qu’il offre. Placé en tête des meilleurs endroits où vivre au monde par les Nations unies, il répond à l’attente des étudiants et permet à ceux tentés par les États-Unis de retrouver une organisation similaire. "Les universités ressemblent à des
mini villes
" lance Joséphine, venue suivre des cours de design publicitaire à l’Académie internationale du design
à Montréal. "Ce sont de vrais campus à l’américaine" ajoute-t-elle. Des campus à l’américaine à quelques détails
près. Le système de santé canadien par exemple, est beaucoup moins onéreux que celui de son voisin. La législation en matière de droit du travail est beaucoup plus souple que celle des États-Unis. Ainsi, ces derniers ont la possibilité de travailler dans le pays pendant l’année qui suit l’obtention de leur diplôme. Avec ces nombreux atouts, une question reste en suspend: le système canadien fonctionne-t-il?

À ce jour les indicateurs sont plutôt au vert. Les diplômes canadiens sont reconnus mondialement et séduisent de plus en plus les entreprises. Marina Wilson, membre du département de l’Immigration canadien explique que "plus de la moitie des étudiants étrangers trouvent du travail dans les dix-huit mois qui suivent leur sortie de l’université."

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