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L’enfant du cirque, de la danse, de la musique et du rêve, James Thiérrée, nous ouvre une nouvelle fois les portes de son univers dans un troisième spectacle : “Au revoir parapluie. Un voyage, un conte féerique d’un autre temps à ne pas manquer, du 4 au 16 décembre au Brooklyn Academy of Music à New York.

Je ne sais pas qui je suis et je ne sais pas ce que je fais. Je vis dans un songe…“, dit de lui James Thiérrée en répondant au difficile exercice de l’auto-description. Au téléphone, sa voix est douce et tranquille. Il s’adresse à vous comme s’il vous connaissait depuis toujours. Un peu à la manière d’un enfant qui vous prendrait par la main pour vous emmener loin de vos craintes et de vos idées toutes faites. S’il a su garder cette candeur, c’est aussi parce qu’il vient d’une grande famille qui a toujours partagé des émotions avec des milliers de visages inconnus. Petit-fils de Charlie Chaplin, il a grandi à la croisée du cinéma, du théâtre et du cabaret. “J’ai un énorme bagage et à la fois une immense liberté. Mais je cherche mon propre point d’équilibre pour exprimer ce que je ressens… Et cela passe par l’exploration du corps, par des expériences physiques parfois jusqu’à l’épuisement pour trouver de nouvelles formes d’expression. Les mots sont trop précis, dénués de mystère… Le langage corporel, inconscient, offre des possibilités infinies et universelles pour communiquer ses émotions…“, dévoile cet artiste unique en son genre.

Car le style James Thiérrée est devenu reconnaissable entre tous. Recréant des mondes de magie, de lyrisme et d’humour, il nous glisse dans ses rêves faits d’objets et d’artistes qui ont tous une histoire à raconter. Une chaise à bascule percée, un piano à queue d’une autre époque, mais aussi un vieux phonographe et toutes sortes d’objets arrachés d’un grenier poussiéreux prennent vie entre les mains de cet enchanteur. Contorsionniste, danseur, acrobate, cantatrice, ceux qui partagent la scène avec lui renaissent aussi sous une nouvelle lumière. “J’ai besoin de jouer, d’envols, je me réserve beaucoup de temps pour m’amuser. C’est un luxe fantastique.” Et c’est sans doute là son secret: comme un enfant, il parvient encore à voir des bêtes incroyables là où d’autres ne verraient qu’un tas de bric-à-brac. Ses deux spectacles précédents, “La symphonie du Hanneton” et “La veillée des Abysses“, ont prouvé au monde entier que retourner l’instant d’une nuit dans le monde de son enfance était encore possible. “Il y a une logique, une création qui cherche à s’exprimer et que je ne maîtrise pas entièrement. J’ai des sensations, des envies, des sentiments très flous que j’affine avec l’énergie du public”, explique-t-il. En l’entendant parler de ses créations, on prend conscience de ce qui fait l’unicité de ses spectacles. James Thiérrée lève le rideau sur des tableaux touchants et irréels, mais réussit avant tout l’exploit de débrider l’inconscient. Comment? Travaillées avec une liberté extrême, les scènes semblent nous délivrer un message… On aimerait se dire que l’on pénètre dans les pensées de James, dans ses joies, ses peurs, sa mélancolie, mais là encore un esprit rationnel froncerait les sourcils s’il en avait. “Pour moi, c’est important de ne pas tout dire, parce que tout le monde s’y retrouve. Certains viennent voir un spectacle, d’autres l’esthétique, et d’autres encore laissent venir des messages. C’est une perception très intime et très libre. Mais dans le langage de l’inconscient, il ne faut pas chercher à tout comprendre, sinon seulement à se laisser porter”. Et se laisser porter, dans les spectacles de James Thierrée, devient un jeu d’enfant.

Dans ce troisième opus, “Au revoir parapluie, on retrouve cet univers qui nous avait manqué depuis le dernier spectacle. Des allégories plus sombres, essentiellement dans la première partie, s’évanouissent vite pour retomber dans la légèreté du cirque drôle et onirique façon Thiérrée. Un instant à ne pas manquer, surtout si l’on considère qu’il s’agit très probablement du dernier récit de la trilogie. “Le corps commence à se fatiguer…”, avoue celui qui n’en laisse rien deviner sur scène. “J’ai d’autres projets, d’autres possibilités à explorer… J’aimerais beaucoup monter un spectacle musical, parce que la musique a toujours fait partie de ma vie et qu’elle permet, elle aussi, d’exprimer tellement…“. Ceux qui ont choisi de prendre sa main pour s’envoler au pays imaginaire devront se faire une raison. Les rêveries de James sont sur le point de tirer leur révérence. « Au revoir parapluie »… On comprend désormais mieux ce titre déstabilisant de simplicité. Oui, mais pourquoi “parapluie”? Parce qu’à travers le regard rêveur d’un enfant qui voit les choses en grand, le parapluie se fait chapiteau …

Retrouvez « Au revoir Parapluie » au BAM, du 4 au 8 décembre puis du 11 au 15 à 7:30pm, et le 9 et 16 décembre à 3pm

Toutes les informations sur http://www.bam.org/events/08PARA/08PARA.aspx

 

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