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Yelle : “notre musique est underground pour les Américains”

En 2007, lorsque Yelle alias Julie Budet poste “Je veux te voir” sur Myspace, elle ne pensait pas que la mayonnaise prendrait aussi vite et avoue avoir dû se mettre au travail plus vite que prévu. Accompagnée de son conjoint DJ GrandMarnier et de Tepr, elle se lance dans une aventure musicale électro-pop audacieuse. La voix enfantine de Julie Budet et des textes faussements naïfs deviennent la signature de Yelle. Son troisième album Complètement fouenregistré à Los Angeles, sortira le 29 septembre avec une tournée américaine de “mise en jambes” dans la foulée.

France-Amérique : Pouvez-vous nous expliquer le titre de votre troisième et nouvel album ?

Yelle : Complètement fou, cela résume bien son histoire, sa création et sa ‘’jeunesse’’. Après Safari Disco Club, nous avions commencé à travailler sur de nouveaux titres. Dr. Duke, le producteur américain de Katy Perry, nous a remarqués après notre remix de Hot N Cold. Il nous a proposé de venir à Los Angeles et de travailler avec lui. Nous nous sommes retrouvés pendant un mois aux Etats-Unis, c’était une expérience assez dingue !

A peine l’album sorti, vous vous lancez dans une tournée américaine. Ne serait-ce pas un peu précipité ?

Chaque artiste fait à sa manière. Nous, nous prenons beaucoup de plaisir à jouer sur scène, c’est ce que nous aimons le plus. Jouer de nouveaux morceaux fait partie du jeu. Nous nous amusons toujours autant dans ce que nous faisons, on ne le ferait pas sans cela.

Cela signifie que la retraite musicale est encore loin ?

Je pense faire de la musique très longtemps, oui, mais les choses ne sont pas écrites. Pour moi, on peut avoir plusieurs vies, il n’y a pas de règles. Nous faisons notre métier avec passion, et quand on se met la pression ce n’est jamais pour de mauvaises raisons. Il faut que cela reste spontané.

Entre votre premier album Pop-up et Safari Disco Club, vous semblez avoir affirmé votre style.

Il y a une évolution normale du fait que l’on grandit, nous changeons. Avec notre deuxième album nous nous sommes recentrés, on a commencé à savoir ce que l’on aimait faire. Nous avons affiné les sonorités avec lesquelles nous aimions jouer. Ce troisième album est encore plus mature. Le texte est moins frontal. Nous parlons des mêmes thèmes mais d’une manière différente.

L’aspect visuel et vos vidéos sont très soignés et originaux, y êtes-vous pour quelque chose ?

La partie visuelle est en effet très importante pour nous. Nous pourrions faire confiance à quelqu’un pour réaliser nos vidéos, mais je pense que nous sommes incapables de nous empêcher de soumettre nos idées. GrandMarnier participe toujours à l’écriture des scénarios de nos vidéos.

Et vos pochettes de disque ?

Pour ce qui est de la pochette de notre nouveau disque, nous cherchions un élément culturel qui lie la France et les Etats-Unis. On a très vite pensé au pop-corn. Quand j’étais gamine et qu’on a commencé à faire du pop-corn à la maison, c’était un truc exceptionnel et un peu fou. C’est un album produit aux Etats-Unis, donc franco-américain. On cherchait un élément populaire de la culture américaine. Le pop-corn est bleu, car nous voulions quelque chose de vibrant. On voit mon visage en gros plan, enfoui, pour garder une part de mystère.

Quand l’engouement des Américains pour votre musique s’est-il déclaré ?

Il n’y a pas eu de moment particulier, ça a été progressif. Nous avons joué à New York et au Canada. Les dates ont vite été complètes et les retours très positifs. Puis huit autres dates ont été programmées, puis… nous avons été invités au plus grand festival de musique indépendante des Etats-Unis, Coachella. C’est allé crescendo. Nous avons également été “artist of the week” sur MTV. Des extraits de notre clip passaient en boucle sur la chaîne, avant les publicités, ce qui a énormément aidé à nous faire connaître.

Que pensez-vous des Etats-Unis ? Comment expliquez-vous que votre musique y soit considérée comme underground alors qu’elle est populaire en France ?

C’est un pays que nous aimons beaucoup, que l’on admire pour certains aspects, d’autres dont on a peur. C’est ambivalent. En France nous avons une image double, les gens n’arrivent pas à nous classer. Nous avons un côté indépendant, et un côté grand public, bien que nous ne passions pas sur les grandes radios. Aux Etats-Unis notre image est tranchée, nous faisons partie de l’électro à la française, qui s’est fait connaître avec des groupes comme Justice. Il faut dire qu’ils ne connaissent pas les artistes qui nous inspirent. Lio, Etienne Daho, les Rita Mitsouko, c’est tout un pan de la culture française qui leur est inconnu, alors qu’en France cette musique était mainstream à son époque. Notre musique sonne comme quelque chose de différent pour les Américains, alors qu’elle est familière pour les Français.

Bouquet Final, extrait du nouvel album de Yelle  “Complètement fou”. Ses dates de concert aux Etats-Unis ici.

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