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Alexandre Desplat met Star Wars Rogue One en musique

Tout juste récompensé d’un Oscar pour la bande originale de The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, Alexandre Desplat composera la musique de Star Wars Rogue One réalisé par Gareth Edwards, pour une sortie prévue en 2016.

Depuis le premier opus Star Wars, sorti en 1977, le célèbre compositeur John Williams a imposé sa musique opératique, nourrie de cuivres puissants et de thèmes épiques. Il signera de nouveau l’épisode VII de la saga, Le Réveil de la Force, signé J.J. Abrams. Pour le premier spin-off (histoire individuelle tirée du même univers) de la “marque” Star Wars, Disney a choisi Alexandre Desplat pour prendre la relève de l’Américain aux 5 Oscars, aujourd’hui âgé de 83 ans. Le Français avait déjà pris la succession de Williams pour les deux parties du film Harry Potter et les reliques de la mort (2011-2012).

Invité de Radio Classique, Alexandre Desplat a déclaré son admiration pour le réalisateur gallois,  avec qui il a déjà travaillé sur le film Godzilla (2014) : “Quand j’ai vu le premier film de Gareth Edwards, qui s’appelait Monsters, j’ai été vraiment époustouflé par son talent, et j’ai donc accepté immédiatement” de composer pour lui. “Et la bonne nouvelle, c’est que l’on va refaire un film ensemble très, très bientôt, qui est un spin-off de Star Wars. Donc, c’est très, très excitant.”

Cette annonce confirme à nouveau qu’Alexandre Desplat est l’un des compositeurs les plus en vue à Hollywood, le septième compositeur français après Maurice Jarre, Michel Legrand ou Ludovic Bource à obtenir un Oscar. Cette année, il était même nominé à l’Oscar pour un autre film, The Imitation Game, ce qui n’était pas arrivé pour un compositeur depuis… John Williams en 1978, pour Star Wars et Rencontres du 3e type.

A 53 ans, cette récompense s’ajoute à une collection de trophées déjà bien fournie, du Bafta au Golden Globe en passant par un Grammy Award. Sans compter trois Césars remportés en 2006, 2011 et 2013 pour De battre mon cœur s’est arrêté, The Ghost Writer et De rouille et d’os. Un palmarès réalisé en tout juste dix ans, depuis 2005 et l’Ours d’argent obtenu à la Berlinale avec De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard, son metteur en scène fétiche pour lequel il a composé six bandes originales.

‘Fonction et fiction’

“A chaque film, je fais une proposition stylistique différente, parfois même avec un metteur en scène avec lequel j’ai déjà travaillé”, explique le compositeur. “Si le film monte à un certain niveau, c’est en grande partie grâce à sa musique”, dit de lui Roman Polanski dans un documentaire signé Pascale Cuenot, sorti l’an passé.

Né en 1961 d’un père français fan de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum et d’une mère grecque, Alexandre Desplat a baigné dès l’enfance “dans un tourbillon musical”, du jazz à la bossa nova en passant par les musiques grecques et arabes. “J’ai pris beaucoup de temps à me construire et à savoir quel était mon univers, j’avais tellement d’influences qu’il a fallu que je les synthétise”, note le musicien.

Il raconte aussi sa passion pour le cinéma, “presque aussi forte que pour la musique” et qui fait de lui un cinéphile reconnu dans le monde du 7e art. C’est à ce titre qu’il fut membre du jury du festival de Cannes en 2010 et président de celui de la Mostra de Venise l’an passé, une première pour un musicien. A l’occasion de sa présidence vénitienne, il expliquait la place qu’occupe à ses yeux la musique à l’écran.

“Elle a deux rôles primordiaux: la fonction et la fiction. La fonction, c’est la vitesse, le rythme ; la fiction, c’est ce qui crée un univers qui n’est pas dans le film mais autour du film. C’est cet équilibre qui m’intéresse”.Et les films où il n’y a pas de musique ? “Je ne suis pas obsédé par le fait d’avoir ou pas une musique dans les films. Beaucoup de films sont autosuffisants. Il m’est arrivé de nombreuses fois en voyant un film la première fois de dire je ne suis pas sûr que la musique soit nécessaire”, admet-il.

Alexandre Desplat compose aussi en ce moment la musique du film Une histoire de fou du réalisateur Robert Guédiguian, et celle du long-métrage Suffragette de la réalisatrice Sarah Gavron, dont les sorties sont prévues en 2015.

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