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An American in Paris : du Châtelet à Broadway

Première co-production entre le théâtre du Châtelet et Broadway, la comédie musicale An American in Paris a remporté quatre Tony Awards dimanche dernier et pourrait rapporter gros au théâtre parisien.

La transposition à la scène du film culte de 1951 de Vincente Minnelli avec Gene Kelly et Leslie Caron est la première co-production entre le Châtelet et deux producteurs américains de comédies musicales, Van Kaplan et Stuart Oken. La pièce a dans un premier temps été jouée à Paris du 22 novembre au 4 janvier avant de s’installer à Broadway en avril dernier.

Sous la houlette de Jean-Luc Choplin, le Châtelet s’est spécialisé depuis 2004 dans la comédie musicale en version originale. “C’est passionnant d’observer le nouveau public au Châtelet. Ce sont des gens qui viennent voir les comédies musicales en anglais, avec les surtitres, parce qu’ils savent qu’ils auront de très belles voix et de très belles productions”.

Curieusement, le film culte inspiré par le poème symphonique de George Gershwin de 1928 n’avait jamais été créé sous forme de comédie musicale. “Quand j’ai rencontré les héritiers des Gershwin, il y a 3 ans, pour obtenir les droits, ils m’ont dit que deux producteurs américains aimeraient le faire aussi et ils nous ont mariés !”, raconte Jean-Luc Choplin, le directeur du Châtelet.

Une adaptation calibrée pour Broadway

La comédie musicale a commencé les répétitions à New York pendant six semaines, avant de migrer avec toute l’équipe (70 personnes dont 34 chanteurs et danseurs) début novembre au Châtelet, où ont été construits les décors.  Le spectacle a été mis en scène par l’anglais Christopher Wheeldon, ancien premier danseur et chorégraphe au New York City Ballet, où il a dansé sous la direction de Jerome Robbins, l’auteur des ballets de “West Side Story”.

L’orchestre était plus réduit qu’habituellement au Châtelet (21 musiciens) pour faciliter la transposition à Broadway, où la norme est plutôt d’une dizaine d’interprètes. Quant à l’histoire et les numéros musicaux, ils ne sont pas une simple transposition du film de 1951, et ont été pensés pour plaire à la fois aux Français et aux Américains. L’intrigue a par exemple été étoffée et dépalcée dans l’entre-deux guerre, permettant une reconstitution du Paris des années 20. Pour plaire au public de Broadway, la production multiplie les clins d’œil à l’Amérique et reprend quelques clichés sur la France avec notamment une scène de cabaret proche du French cancan et une revue qui emprunte aux Folies Bergère.

Le succès de An American in Paris aux Tony Awards – l’équivalent des Oscars pour les comédies musicales – pourrait rapporter gros au théâtre parisien, désormais surnommé “Broadway sur Seine”. Selon l’accord signé entre les producteurs français et américains, le Châtelet touchera des royalties des représentations à New York.

La pièce, qui a pu compter sur le soutien de l’association American Friends of Châtelet, basée à Millbrook dans l’Etat de New York, a coûté plus de 10 millions d’euros. Le pari n’est donc qu’à moitié gagné pour l’instant : la production franco-américaine doit s’installer sur Broadway au moins un an pour rentrer dans ses frais.

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