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“Francophonia”, le Louvre sous l’Occupation

Le film Francophonia d’Alexander Sokourov consacré au Louvre est à l’affiche du Film Forum et du Lincoln Plaza à New York à partir du 1er avril, avant une sortie nationale ces prochaines semaines.

A l’instar des productions hollywoodiennes comme Le Train de John Frankenheimer (1964) ou plus récemment Monuments Men de George Clooney (2014), le film aborde la question du sauvetage de l’art pendant la Seconde Guerre mondiale. Francofonia s’ouvre sur l’image d’un cargo en pleine tempête, transportant les collections d’un musée dans ses conteneurs menaçant de tomber à l’eau et de sombrer dans l’oubli. C’est sur cette même image que s’achèvait L’Arche russe (2002) du même réalisateur, consacré au légendaire musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Sokourov fait ainsi le lien entre ces deux films qui ont en commun la réflexion sur le rôle des musées en temps de guerre et la puissance transcendante de l’art.

Cette fois, c’est une déambulation à travers les galeries du Louvre, entrecoupées de reconstitutions de la vie à Paris sous l’Occupation nazie et de photographies d’archive que le cinéaste nous propose. Il imagine aussi la rencontre de deux hommes, le directeur du Louvre Jacques Jaujard (interprété par l’acteur Louis-Do de Lencquesaing) et le Comte Franz Wolff-Metternich, représentant de la commission allemande pour la protection (certains parleront plutôt de pillage) des œuvres d’art. Jouant contre sa hiérarchie, il aidera Jacques Jaujard à sauver des œuvres du pillage en fermant les yeux sur la fuite des chefs-d’oeuvre mis à l’abri dans divers châteaux de la campagne française. Pour ce rôle discret, il sera récompensé de la légion d’honneur après la guerre. Dans les dédales du musée, où la caméra filme au plus près les toiles de maîtres comme la Joconde ou le Radeau de la Méduse, on croise aussi les fantômes bien en chair de Marianne dans des scènes proches de la parodie. Une réflexion originale et déroutante sur la vulnérabilité de l’art en temps de guerre.

Francofonia, d’Alexandre Sokourov (France-Allemagne-Pays-Bas 2015), avec Louis-Do de Lencquesaing, Benjamin Utzerath, Vincent Nemeth, Johanna Korthals Altes. 1h28. En français, russe et allemand, sous-titré en anglais.

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