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Le street artist français JR recouvre les murs de Philadelphie

JR qui expose dans le monde entier sur les ponts, palissades, trottoirs ou toits, de Rio de Janeiro à Hong Kong, de Jérusalem à La Havane, vient de dévoiler sa première réalisation à Philadelphie intitulée Migrants, Ibrahim, Mingora-Philadelphia.

Fidèle à la démarche qu’il suit depuis 2001, le street artist JR, utilise la technique du collage de photos monumentales en noir et blanc, affichées à des endroits stratégiques, pour partager avec le public de la rue un message fort à dimension artistique et sociale. Interpeler les passants, les sensibiliser à un problème politique ou humanitaire par l’intervention de l’image reste la mission de cet artiviste urbain qui préfère les murs des villes à ceux des galeries d’art : “Dans la rue, je touche des gens qui ne vont jamais au musée… mon expo à moi, c’est la rue.”

C’est en descendant Chestnut Street, à l’angle de la 16e rue que l’on découvre en levant les yeux sur la façade arrière du Graham Building le portrait géant d’Ibrahim, jeune Pakistanais originaire de Mingora, qui vit et travaille dans la ville. Vendeur ambulant, seul maître à bord de son food-truck installé en bas de la tour, il n’en reste pas moins invisible même s’il contribute quotidiennement à la vie du quartier. Rappel de cet anonymat qui frappe les immigrés en dépit de leur quote-part à l’économie locale : de cette photo qui s’étale sur une hauteur de quinze étages, JR ne fait surgir que le visage d’Ibrahim (qui couvre déjà cinq étages), le reste du corps à moitié caché derrière la paroi d’un autre immeuble.

JR a répondu à l’invitation du Mural Arts Program de Philadelphie (MAP), un projet artistique lancé par Jane Golden, il y a près de trente ans, pour canaliser les énergies de taggers en les faisant participer à l’élaboration de véritables fresques murales. Traditionnellement le MAP fédère des populations et des artistes locaux (plus de 90% des muralistes sont de la région) en coopérant avec des associations de quartier, des écoles, des collectifs ou encore des centres de détention autour d’une oeuvre qui, par son thème, invite au dialogue, mêlant art et engagement. Si la finalité de cette organisation reste de solidifier les liens sociaux, une retombée non négligeable de cette collection en plein air qui compte désormais plus de 3 000 peintures concerne le tourisme puisque 12 000 visiteurs se lancent, chaque année, à la découverte du muralisme philadelphien.

Migrants, Ibrahim, Mingora-Philadelphia est le second volet d’Open Source, un nouveau projet du MAP organisé par Pedro Alonzo. 14 artistes exposeront d’ici Octobre 2015 des installations temporaires parsemées dans la ville, à la vue du grand public. Comme le logiciel “code source ouvert”, ces réalisations auront pour but d’instaurer un dialogue au sein de la communauté sur les problèmes que confrontent la ville, le pays et de mobiliser une population locale aux futurs défis de civilisation. Gageons que le travail de JR portera ses fruits en cette période de débats passionnés sur la politique d’immigration, à l’heure du durcissement de contrôle migratoire et des restrictions du droit d’asile, ici et ailleurs.

Site de l’artiste : www.jr-art.net/fr

Site du Mural Arts Program : www.muralarts.org

Site du projet Open Source : http://muralarts.org/opensource

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