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Les Etats-Unis, l’eldorado des start-up françaises

A New York à l’occasion de La French Touch Conference—deux jours d’échanges franco-américains sur le thème des nouvelles technologies—, Axelle Lemaire, la Secrétaire d’Etat en charge du Numérique, a insisté sur l’importance croissante des start-up françaises aux Etats-Unis. “Ce n’est ni de l’expatriation, ni de la délocalisation, mais un échange réciproque entre nos deux pays.” Entretien avec Patricia Carreras*, installée depuis 1985 aux Etats-Unis, où elle a créé deux sociétés. En tant que présidente du Comité start-up au sein des conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF), elle aide les entreprises françaises à s’installer à l’étranger.

Pourquoi faire le choix les Etats-Unis ?

Le marché américain offre bien plus de débouchés que le marché français et c’est un marché où les contacts sont beaucoup plus faciles. Une start-up peut donc y réussir plus rapidement et dans une mesure plus importante. Le marché américain est un point de passage incontournable pour les start-up françaises.

Les différences culturelles ralentissent-elles l’installation de start-up aux Etats-Unis ?

C’est sans aucun doute l’un des freins les plus importants au lancement d’une start-up. Français et Américains portent les mêmes jeans, regardent les mêmes films, écoutent la même musique, mais sont très différents. Les Américains sont aimables, ils aiment les contacts, mais par-dessus tout, ils savent se vendre eux-mêmes. C’est très difficile pour un Français de juger efficacement un Américain lors du recrutement.

Quel conseil donneriez-vous à un Français pour se familiariser avec la culture américaine ?

Passer par une université américaine permet d’améliorer son anglais, de comprendre la culture et de se constituer un réseau. Ensuite, il est important de s’intégrer au milieu américain en participant à des Meetup et à des salons professionnels, en rencontrant des gens dans votre domaine. Parlez, parlez, parlez.

Ça prend combien de temps de lancer sa start-up à l’étranger ?

Commencez par un voyage d’approche. L’objectif de ce premier séjour est de vous faire une idée précise du marché américain, planifiez votre stratégie commerciale et technologique. Le visa tourisme américain est valable 90 jours, mais si vous coordonnez votre voyage avec tous les salons professionnels et les conférences qui ont trait à votre activité, six semaines suffisent. Ensuite, lors de l’implantation aux Etats-Unis, c’est au créateur de la start-up de faire le déplacement : il sera le plus à même de mettre en confiance les investisseurs américains.

La technologie est un monde encore très masculin. En tant que femme, avez-vous rencontré des difficultés dans votre parcours ?

Il m’est arrivé de me retrouver en face d’hommes qui pensaient que j’étais la secrétaire du président. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes sont entrepreneurs, de plus en plus de femmes accèdent à des postes clés : Ariana Huffington, Sheryl Sandberg [directrice des opérations de Facebook], Marissa Mayer [présidente de Yahoo!]. Dix à onze pour-cent des capital risqueurs sont des femmes. Les choses changent.

Quel modèle de développement préconisez-vous ? Entièrement aux Etats-Unis, ou un pied en France et un pied aux Etats-Unis ?

Il faudrait être fou pour ne pas maintenir son activité de recherche et de développement en France ! Les ingénieurs français sont beaucoup moins chers et sont généralement plus fidèles à leurs employeurs que les Américains. La France offre aussi un grand nombre d’avantages sociaux et fiscaux.

 

*Lancer sa start-up aux Etats-Unis, Eyrolles, 224 pages, 22 euros.

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