Obama Meets with Napoléon

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Barack Obama ne s’est pas rendu à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron : il a été invité par les Napoléons, un petit comité d’entrepreneurs français qui versent dans la diplomatie déguisée.

Le 2 décembre dernier, date anniversaire de la bataille d’Austerlitz, Barack Obama a été reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron. Les raisons de cette visite, rapide, discrète et sans commentaires, restent floues mais des détails ont fini par émerger. L’ancien président des Etats-Unis était en fait l’invité d’une association de publicitaires, un “réseau social” qui organise des conférences de haut niveau à Paris, à Val-D’isère et à Arles. Cette organisation s’appelle, sans modestie, les Napoléons. Le cercle, qui compte 3 000 membres, n’est ni bénévole ni philanthrope : il faut payer très cher (jusqu’à 3 400 euros !) le droit d’écouter les grands de ce monde et les puissants à la retraite, comme François Hollande l’été dernier et Obama cette année.

Le secret règne sur les honoraires d’Obama, mais compte tenu des précédents et des prix du marché (car il existe un marché international des conférenciers), on peut estimer ces honoraires à 400 000 euros, à quoi s’ajoutent les frais de voyage et de séjour. Le seuil d’équilibre financier de ce type d’opération gravite autour du million, soit cinq cents spectateurs à 2 000 euros. Il semble qu’à Paris ils furent 800, garantissant un gros profit aux organisateurs.

Pourquoi payer aussi cher pour écouter Obama ? On sait qu’il a consacré une session questions-réponses d’une heure à Stéphane Richard, président du groupe Orange, et qu’il a évité les questions pièges sur Donald Trump et la politique étrangère des Etats-Unis. “Obama a fait du Obama”, a commenté le quotidien Libération.

Cela ne vaut pas 3 400 euros, mais ces conférences, comme celle de Davos en janvier chaque année, ne valent pas pour leur contenu. Les participants viennent pour se retrouver entre eux, peaufiner leur réseau et surtout pouvoir dire qu’ils étaient là. Ainsi va le monde, une foire aux vanités. Ou, pour reprendre le titre du roman de Tom Wolfe, un bûcher des vanités.