Je m'abonne

David Serero : « Je veux amener les Américains à l’opéra français »

Pour démocratiser l’opéra, le baryton français mélange les genres. Du 12 au 22 avril prochains, il présentera à New York une version « jazzy » de la pièce Cyrano de Bergerac.

Un pied dans le classique, un pied dans la fantaisie. Le chanteur, metteur en scène et producteur français, installé à New York depuis trois ans, est adepte des grands écarts. Après une version marocaine d’Othello, une version sépharade du Marchand de Venise — une pièce de Shakespeare souvent critiquée pour son antisémitisme — et une adaptation du Dom Juan de Molière dans un « décor de boîte de nuit », David Serero s’attaque à « la plus grande pièce du répertoire français », Cyrano de Bergerac.

En adaptant en anglais le texte d’Edmond Rostand, le Français s’est heurté à une difficulté : les rimes. La traduction d’Anthony Burgess, l’auteur britannique du roman L’Orange mécanique, « ne rend pas justice à la pièce, ni à la richesse du langage », estime David Serero, qui « a repris le texte à zéro ». La référence à l’animal qu’Aristophane appelle « Hippocampéléphantocamélos », intraduisible, a été supprimée. La célèbre tirade du nez a été réécrite.

Pour « moderniser » le texte, le Français s’est inspiré d’une règle courante à Hollywood : les spectateurs doivent être plongés dans l’action dès les cinq premières minutes. Pas de temps morts. La pièce de 1897 a été réduite de trente minutes. David Serero a ensuite ajouté ce qu’il appelle du « champagne » et des « paillettes » : quelques touches de fantaisie en référence à la culture populaire américaine. Ici, un extrait de la chanson « New York, New York » de Frank Sinatra. Là, une entrée sur scène digne d’un spectacle de Broadway, Cyrano danse en haut-de-forme.

« J’utilise l’opéra et les références de la culture américaine — le jazz, la comédie musicale — pour amener le public vers ce classique du théâtre français », explique le metteur en scène, originaire de Chelles en Seine-et-Marne. « Le fait de ne pas être américain me donne l’autorisation d’oser. Peut-être ferai-je par la suite un Molière hip-hop ? »


Cyrano de Bergerac

Du 12 au 22 avril
Center for Jewish History
15 West 16th Street
New York, NY 10011
www.cjh.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related