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Objet culte : le vélo Peugeot

En France, la marque Peugeot se confond avec l’histoire du vélo. À sa création en 1882, elle propose trois modèles : le Grand-Bi, peu maniable avec son pédalier solidaire de l’axe d’une roue avant de grand diamètre, le tricycle qui rassurait l’utilisateur grâce à la stabilité de ses deux roues arrière et la bicyclette, moderne avec son pédalier central et sa transmission par chaîne sur la roue arrière. Ce dernier modèle, le plus populaire, s’impose. Bientôt, on ne dit plus « j’ai un vélo », mais « j’ai un Peugeot ».

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la production de vélos Peugeot repart à la hausse. Mais il faudra attendre les Trente Glorieuses (1945-1975) pour que la bicyclette reviennne à la mode, en même temps que le maillot à damiers, apparu dès 1963 dans le peloton de course Peugeot du Tour de France. Son motif graphique, prévu pour mieux passer à la télé, sera utilisé comme signature de la marque Peugeot, et reproduit sur les cadres de vélos.

1975 : l’âge d’or du vélo Peugeot

Peugeot se positione peu à peu sur le créneau du vélo de luxe et de sport, s’appuyant sur l’image de son équipe professionnelle, l’une des meilleures, avec un palmarès complet. Bernard Thévenet  remporte le tour de France en 1975, puis à nouveau en 77. Le rayonnement est international : les vélos Peugeot s’arrachent aux États-Unis, au prix d’un objet de luxe. Il faut alors compter $400 à $500 pour un vélo, une somme importante à l’époque.

Pour satisfaire la demande américaine et les 50 modèles du catalogue, les usines de Beaulieu, en Franche-Comté, tournent à plein régime, avec dix-sept chaînes de montage et six de peinture. On produit 150 000 vélos en 1971, 430 000 en 1974 et jusqu’à 865 000 en 1980. La disponibilité de Peugeot aux États-Unis a varié au fil des ans. Après l’afflux massif dans les années 1970, correspondant au boom du vélo, il se raréfie dans les années 80, lorsque Peugeot cesse les expéditions vers les États-Unis et vend les droits à ProCycle, au Canada (également connu sous le nom CCM) sur le nom pour une utilisation en Amérique du Nord.

Le retour du Peugeot

En 2010, le phénomène du pignon fixe (fixed gear), cette mode vintage venue des coursiers américains, voit les vélos Peugeot ressortir du garage. Les designers de Peugeot suivent la tendance du néo rétro en présentant la gamme Collector. Le nouveau modèle Peugeot comporte une selle Brooks, un cadre blanc avec damiers noirs et guidoline en cuir. À Brooklyn, où les marchands de vélos important désormais les bicyclettes françaises par containers avant de les revendre à prix d’or, il n’est pas rare de croiser un hipster et son vélo Peugeot à damiers.

Nouvel objet de désir, le vélo Peugeot a fait récemment la une des magazines lifestyle en France avec le Pibal, engin hybride alliant vélo et trottinette, imaginé spécialement pour la ville de Bordeaux par le designer Philippe Starck l’été dernier. Le vélo jaune est prêté gratuitement aux habitants de Bordeaux et remplacera progressivement la flotte des 4 000 vélos disponibles actuellement à la maison du vélo de Bordeaux en prêt gratuit. Il sera par la suite possible de l’acheter, au prix de 420 euros pièce.

Consécration, dans le dernier film d’action franco-américain 3 Days to Kill, co-écrit par Luc Besson, un vélo Peugeot peint en violet et place par la marque crève l’écran à plusieurs reprises. L’acteur principal francophile, Kevin Costner, qui tient le rôle d’un agent secret chevronné de retour auprès de sa famille habitant Paris, aurait déclaré à l’issue du tournage ne plus vouloir rouler qu’en vélo Peugeot. Il n’a pas manqué d’emmener avec lui le vélo du film en Californie, a fait savoir la production. À l’instar de Jacques Tati et de son vélo Peugeot dans le film Jour de Fête (1949), le vélo Peugeot appartient à l’imagerie de la France.

 

Article publié dans le numéro de mars 2016 de France-Amérque.

 

 

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