The Liberty Tour

A Paris sur les traces de la Révolution française

Chaque année, la fête nationale française célèbre la prise de la Bastille. Le 14 juillet 1789, le peuple parisien envahissait cette prison symbolisant le despotisme royal et inaugurait la Révolution française. A travers certains monuments emblématiques de cette époque, France-Amérique vous propose un parcours à pied au cœur du Paris révolutionnaire.
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La prison de la Bastille telle qu’elle était en 1789, reproduite à partir de gravures d’époque. © Aquarelles par Yves Damin

1. L'hôtel des Invalides

Notre balade commence à la station de métro Invalides. Dans votre dos, la Seine, le Petit et le Grand Palais. A votre droite vous apercevez le sommet de la tour Eiffel. Face à vous se dresse l’hôtel des Invalides, imposant bâtiment d’inspiration classique construit par Louis XIV pour, comme son nom l’indique, accueillir les mutilés de guerre. Au matin du mardi 14 juillet 1789, Paris est en ébullition. Une foule est amassée devant les portes des Invalides : on veut des armes ! Les gardes censés défendre le bâtiment sont, pour beaucoup d’entre eux, rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette et ont donc combattu lors de la Révolution américaine. Favorables au soulèvement, ils ouvrent les grilles et arment la foule, qui récupère 32 000 fusils et 27 canons. Ainsi équipée, cette masse citoyenne prend la direction de la Bastille.

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Allez vers la Seine, traversez le pont Alexandre III et tournez à droite afin de vous diriger vers la place de la Concorde. 

2. La Concorde

C’est la plus grande place de Paris. Imaginez vous, il y a un peu plus de deux siècles, en ce 21 janvier 1793 : ce qui s’appelle alors la place Louis XV est noire de monde. On doit guillotiner le roi ! La Convention a voté la mort du « citoyen Capet », comme on l’appelle désormais. Il arrive en carrosse ; on le bouscule jusqu’à l’échafaud. Il tente d’haranguer la foule en hurlant – « Peuple, je meurs innocent ! » – mais un tambour-major ouvre le ban et couvre sa voix. Le roi se tourne alors vers l’impitoyable bourreau Sanson et ses assistants et tient cette ultime parole : « Je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français. » Sa tête tombe à 10h22. Dans les mois suivants seront guillotinés au même endroit son épouse Marie-Antoinette, les deux grandes figures de la Révolution française, Robespierre et Danton, et beaucoup d’autres.

Remontez ensuite le jardin des Tuileries jusqu’à la pyramide du Louvre, puis tournez à gauche et longez l’Académie française jusqu’à atteindre les délicieux jardins du Palais-Royal.

3. Le Palais-Royal

C’est sous l’une de ces colonnades de pierres blanches, bâties un siècle et demi plus tôt par le cardinal de Richelieu, qu’un soulèvement populaire précipita la prise de la Bastille. A l’époque le lieu est plein de vie : sous ces colonnes se croisent marchands, prostituées, montreurs de marmottes et agitateurs politiques. Le 12 juillet 1789, un jeune avocat monte sur la table d’un café de la galerie de Montpensier et, pistolet au poing, harangue la foule. Il s’appelle Camille Desmoulins et hurle : « Il ne nous reste qu’une ressource, c’est de courir aux armes et de prendre des cocardes pour nous reconnaître ! » Joignant le geste à la parole, il aurait alors arraché une feuille d’arbre et, l’accrochant à son chapeau, inventé la cocarde verte de l’espérance. La cocarde deviendra bleue, blanche et rouge – les couleurs de Paris – quelques jours plus tard ; Desmoulins sera quant à lui décapité en 1794.

Faites le tour du jardin et revenez vers le Louvre. Continuez jusqu’à la Seine et prenez à gauche en remontant les quais : vous vous dirigez vers l’Hôtel de Ville. Sur le chemin, vous remarquerez au niveau de l’île de la Cité ce splendide palais gothique qu’est la Conciergerie, haut lieu de détention durant la Terreur. Ce fut la dernière demeure de Marie-Antoinette

4. L'Hôtel de Ville

Anciennement place de la Grève (une grève est un terrain plat proche d’un cours d’eau), c’est ici que les ouvriers venaient à la recherche d’un emploi, d’où l’expression « faire la grève », qui signifiait à l’origine que l’on se tenait sur la place de la Grève en attendant du travail. Par glissement, l’expression a évolué vers le sens qu’on lui connaît aujourd’hui, à savoir la « cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles ». Si le bâtiment accueille les institutions françaises depuis le Moyen Age, la façade est relativement récente : rebâtie à la fin du XIXe siècle après un incendie volontaire des communards, elle est de style néo-Renaissance et s’inspire de l’ancien bâtiment. C’est donc un Hôtel de Ville plutôt similaire qu’il faut imaginer lorsqu’on pense aux innombrables exécutions publiques qui eurent lieu ici pendant plus de cinq siècles. En 1792 a lieu la toute première exécution par guillotine. La foule, habituée aux supplices horriblement longs (pendaison, écartèlement, bûcher, supplice de la roue…) est déçue ; elle hue copieusement le bourreau Sanson. Le lendemain, une chanson court les rues : « Rendez-moi ma potence de bois… »

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Traversez le pont d’Arcole puis dirigez-vous vers Notre-Dame dont vous apercevez la silhouette.

5. Notre-Dame

Ce monument emblématique, dont l’architecture syncrétique remonte au XIIe siècle, a connu des heures sombres durant la Révolution. Représentante de l’Ancien Régime et de l’Eglise en pleine période de déchristianisation, la cathédrale a souffert de nombreux actes de vandalisme : verrières brisées, pavements défoncés, statues décapitées… On y interdit le culte catholique ; Notre-Dame devient « temple de la Raison », lieu sacré de la nouvelle religion dite « de l’être suprême » proposée par Robespierre. Notre-Dame devient ensuite un entrepôt des vins de la République. Il faudra attendre 1802 pour qu’elle revienne au culte catholique ; deux ans plus tard et après quelques travaux de rénovation, Napoléon Bonaparte s’y fit sacrer empereur des Français.


Article publié dans le numéro de juillet 2020 de France-AmériqueS’abonner au magazine.

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