Cinéma

Antoinette dans les Cévennes : randonnée et bleus à l’âne

Après son rôle remarqué dans la série Dix pour cent, on retrouve Laure Calamy en maîtresse éplorée, avec son baudet sur le chemin de Stevenson. Une comédie savoureuse qui lui valut le César de la meilleure actrice, en salles américaines à partir du 22 juillet.
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Courtesy of Greenwich Entertainment

C’est le début de l’été à Paris. Antoinette Lapouge, une institutrice incarnée avec brio par Laure Calamy (Noémie dans Dix pour cent), n’a d’yeux que pour Vladimir (Benjamin Lavernhe de la Comédie-Française), le papa marié d’une de ses élèves. Ils ont prévu de passer une semaine tous les deux, profitant d’une absence de sa femme (Olivia Côte). Mais celle-ci annule à la dernière minute son congé à l’île de Ré pour emmener sa famille randonner avec un âne dans le centre de la France.

Qu’à cela ne tienne ! Voici donc Antoinette dans un car en direction de Chasseradès, au cœur de la Lozère, à la poursuite de son amant. Avec sa valise rose et ses sandales compensées, la Parisienne détonne à côté des randonneurs en poncho et grosses chaussures. La rencontre avec son propre âne est tout aussi désopilante. Ainsi commence la comédie de Caroline Vignal, l’histoire d’une quadra un peu perdue, abonnée aux amours foireux, qui finit par se découvrir alors qu’elle trébuche sans le savoir dans les pas de Robert Louis Stevenson.

En 1878, l’auteur écossais n’a pas encore écrit L’Ile au trésor, ni L’Etrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. Il a 27 ans, mène en France une vie de bohème et s’est épris de Fanny Osbourne, une femme mariée de San Francisco de dix ans son aînée, venue à Barbizon pour apprendre la peinture. Les amants veulent se marier, mais elle doit d’abord obtenir le divorce et rentre pour ce faire aux Etats-Unis. Sans nouvelles, Stevenson est désemparé. Pour oublier sa bien-aimée, il entreprend de traverser à pied le massif des Cévennes. Un périple de 195 kilomètres, effectué avec une ânesse, qui lui inspirera un livre… et donnera naissance, un siècle plus tard, à un chemin de randonnée officiel.

Le GR 70, surnommé « chemin de Stevenson », est aujourd’hui l’un des itinéraires les plus pratiqués de France. Comme l’écrivain avant elle (qui retrouvera finalement sa dulcinée et l’épousera en 1880), Antoinette y découvrira le pouvoir thérapeutique de la marche – ce que l’auteur David Le Breton appelle « une dérobade », « un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies ». Au bout de sa longe, Patrick l’âne d’abord récalcitrant devient son confident : elle partage avec lui ses peines de cœur ; il opine, les oreilles dressées en signe d’attention, ou brait quand il n’est pas d’accord !

Dans des paysages spectaculaires, Antoinette deviendra au fil des étapes « la star du GR », une légende qui va seule par monts et par vaux, juchée sur son âne comme une madone italienne ou Clint Eastwood dans la sierra. Une femme libre, indépendante et courageuse. C’est la force de ce film initiatique présenté en sélection officielle du festival de Cannes et au festival du film francophone d’Angoulême en 2020. Comme le rappelle à la jeune femme la patronne d’un gîte alors qu’elle sombre un soir, terrassée par l’effort et abandonnée par son amant, « l’important ce n’est pas le but, mais le chemin ».

Sortie américaine : 22 juillet
Durée : 95 min
Réalisateur : Caroline Vignal
Avec : Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte
Distributeur américain : Greenwich Entertainment

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