Portrait

Frank Adrian Barron : le « Cake Boy » américain de Paris

Dans un beau livre délicat et gourmand publié récemment, le Parisien d’origine californienne Frank Adrian Barron, alias « Cake Boy », détaille 59 recettes sucrées de France, des Etats-Unis et d’ailleurs.
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
© Joann Pai

La scène se déroule à l’hiver 2012, dans un petit commerce de proximité comme on en trouve beaucoup à Paris. Frank Adrian Barron, fraîchement débarqué de sa Californie natale, fait ses courses dans un Monoprix, l’équivalent local du Target américain. Liste en main, il aborde une employée en souriant : « Bonjour ! Comment allez-vous ? » En guise de réponse, un regard interloqué. Le small talk n’est pas monnaie courante en France et encore moins à Paris. Il poursuit, sans se laisser démonter : « Où sont les fraises s’il vous plaît ? » L’employée de répondre : « Ce n’est pas la saison ! »

A travers ce premier choc culturel, confrontation du charme californien au flegme parisien, c’est pour Frank Adrian Barron la découverte de la saisonnalité : on ne mange pas de fraises en hiver. La plupart des Français respectent consciencieusement cette règle. Une autre découverte marque l’Américain : pas de grignotage entre les repas ; on attend sagement l’heure du goûter. Sur les coups de 16 heures, ce moment de grâce où la consommation de sucre est autorisée, voire même encouragée, éveille une passion nouvelle chez le Californien que ses amis vont bientôt surnommer « Cake Boy ».

C’est sur ces anecdotes que s’ouvre son premier livre, Sweet Paris, un recueil de recettes de pâtisseries notamment françaises et américaines agrémenté de souvenirs croustillants et de conseils de savoir-vivre – ce qu’il appelle le « French flair ». Les 59 desserts sont classés selon les saisons : gâteau au citron en hiver, pâte d’amandes au printemps, tarte aux fraises en été, tarte normande en automne. Une saisonnalité mise en image par la photographe canadienne installée à Paris Joann Pai, qui avait déjà travaillé sur les deux ouvrages de la journaliste américaine Lindsey Tramuta. Le résultat est une ode gourmande à la plus belle ville du monde, que l’on découvre sous la neige comme aux premiers bourgeons.

frank-adrian-barron-cake-boy-france-sweet-paris-patissier-pastry-chef-4
© Joann Pai
frank-adrian-barron-cake-boy-france-sweet-paris-patissier-pastry-chef-2
© Joann Pai

Avant Paris, le pâtissier originaire de San Diego a étudié l’histoire de l’art à l’université de Berkeley et a travaillé au de Young Museum de San Francisco. Une expérience dont il a gardé une certaine délicatesse que l’on retrouve dans ses desserts, très graphiques, comme sur son compte Instagram. En 2012, il s’installe à Paris avec son mari et se prend de passion pour la pâtisserie française, qu’il apprend en autodidacte, sans oublier pour autant les recettes californiennes de sa mère. « J’ai été instantanément séduit par la beauté des desserts de Pierre Hermé et de Dalloyau », explique-t-il. «Les Français mangent d’abord avec les yeux : leurs pâtisseries sont des œuvres d’art. Mais j’aime tout autant la rusticité et le charme brut des gâteaux américains. » Son dessert préféré ? Le swirl bundt cake à la cannelle de son enfance ! Un dessert comparable au gâteau marbré, dont on retrouve une version dans son livre au chapitre « Automne ».

Quand il n’enchaîne pas les longueurs à la piscine (« Ma façon à moi de pouvoir manger des gâteaux en toute quiétude », explique-t-il en riant), Frank Adrian Barron organise des balades à pied dans ses pâtisseries et chocolateries parisiennes préférées, ainsi que des ateliers de cuisine et de décoration de gâteaux dans son chic appartement du Marais, au cœur de la capitale. Ces moments de création et de dégustation ont lieu à l’heure du quatre-heures, bien entendu. Et à l’occasion de ce « tea goûter », la boisson chaude préférée des Anglais est remplacée… par du champagne français !

frank-adrian-barron-cake-boy-france-sweet-paris-patissier-pastry-chef-3
© Joann Pai

Tarte à la rhubarbe

Ingrédients (pour 6 à 8 personnes)

Pour la pâte sablée aux amandes :
200 g de farine
100 g de sucre en poudre
30 g de poudre d’amandes
60 g de beurre doux, à température ambiante
2 gros jaunes d’œufs, légèrement battus
1 pincée de sel

Pour la frangipane :
90 g de sucre cristallisé
60 g de beurre doux, à température ambiante
2 gros œufs, à température ambiante
125 g de poudre d’amandes
1 cuillère à café d’extrait d’amande
1 cuillère à soupe de farine

Pour le montage :
3 à 4 grandes tiges de rhubarbe (environ 500 g), coupées en diagonale
2 cuillères à soupe de miel d’acacia, réchauffé
Glace à la vanille en accompagnement

Préparation

Préparer la pâte à tarte aux amandes :
1. Dans le bol d’un mixeur, verser la farine, le sucre en poudre, la poudre d’amandes, le beurre, les jaunes d’œufs et le sel et mettre en route le batteur à basse vitesse. Lorsque la pâte est homogène – attention à ne pas la travailler trop longtemps ou trop rapidement –, la ramasser en boule et l’envelopper dans un film alimentaire. Placer au réfrigérateur jusqu’à ce que la pâte soit ferme, au moins 1 heure.
2. Retirer la pâte à tarte du réfrigérateur 30 minutes avant de l’étaler. Préchauffer le four à 180°C.
3. Transférer la pâte sur un plan de travail légèrement fariné et l’étaler en un grand cercle d’environ 30 centimètres de diamètre. Rouler délicatement la pâte autour d’un rouleau à pâtisserie, en éliminant l’excès de farine. Dérouler la pâte sur un moule à tarte de 26 centimètres de diamètre à fond amovible et la poser délicatement au fond du moule. Retirer l’excédent de pâte en passant un couteau sur les bords. Piquer la pâte avec une fourchette. Recouvrir le fond de papier sulfurisé et le remplir de billes de cuisson pour éviter que la pâte ne gonfle. Faire cuire pendant 10 minutes. Sortir du four et retirer soigneusement les billes de cuisson et le papier sulfurisé. Remettre le fond de tarte au four et continuer la cuisson pendant 10 à 12 minutes, ou jusqu’à ce que le centre soit doré. Transférer le fond de tarte sur une grille pour le laisser refroidir complètement.

Préparer la garniture à la frangipane :
Pendant ce temps, dans un bol moyen, fouetter ensemble le sucre cristallisé et le beurre jusqu’à ce que le mélange blanchisse, environ 4 minutes. Battre les œufs en omelette, puis ajouter la poudre d’amandes et l’extrait d’amande et fouetter jusqu’à ce que le mélange soit lisse. Ajouter la farine et fouetter encore une fois jusqu’à ce qu’elle soit complètement incorporée. Réserver au réfrigérateur.

Assembler la tarte :
1. Répartir uniformément la garniture à la frangipane dans le fond de tarte. Placer les morceaux de rhubarbe en diagonale dans la frangipane en les emboîtant. Faire cuire au four pendant 30 à 35 minutes, ou jusqu’à ce que les bords de la tarte soient dorés. Transférer la tarte sur une grille pour la faire refroidir.
2. Badigeonner la rhubarbe de miel chaud afin de lui donner un aspect brillant. Servir avec de la glace à la vanille.

Le conseil du chef

« Mon mari est fou de rhubarbe : il a beaucoup insisté pour que j’intègre cette recette dans mon livre. L’aspect rustique de la tarte, inspiré par la pâtissière anglaise Thida Bevington, une amie, met en valeur les belles couleurs de la rhubarbe, et la douceur de la frangipane contrebalance l’acidité de la plante. Pour une touche de gourmandise supplémentaire, je recommande d’ajouter un peu de glace à la vanille ! »

 

Article publié dans le numéro de juin 2022 de France-Amérique. S’abonner au magazine.

couv-cover-france-amerique-magazine-decembre-december-2021-pop-up

Le meilleur de la culture française

Publié dans un format bilingue, en français et en anglais, le magazine France-Amérique s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à la culture française et à l’amitié franco-américaine.

Déjà abonné ?