Entretien

« La France ne se résume pas à Molière »

Il y a quinze ans, Marie-Monique Steckel prenait la direction du French Institute Alliance Française à New York. Successivement conseillère en communication politique, présidente de France Telecom North America, puis conseillère de Ronald Lauder, elle dirige cette institution comme une cheffe d’entreprise. Elle est parvenue à faire du FIAF un outil puissant de promotion de la langue et de la culture françaises.
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Courtesy of the French Institute Alliance Française

France-Amérique : Qu’est-ce que le FIAF ?

Marie-Monique Steckel : Le FIAF est une institution américaine privée qui a pour mission la promotion de la culture française, avec deux piliers que sont l’enseignement de la langue et les événements culturels. Nous offrons un programme diversifié de conférences, déjeuners et spectacles au théâtre, le Florence Gould Hall, dans l’auditorium et le Skyroom. Nous sommes en dialogue permanent avec les communautés artistiques de New York et du monde, tout en maintenant notre spécificité française.

Comment se manifeste l’action culturelle du FIAF ?

Nous organisons trois festivals par an : Crossing the Line en automne, Animation First en hiver et Tilt Kids en mars. Nous essayons d’offrir une grande diversité afin de montrer que la France ne se résume pas à Molière, que c’est aussi un pays à la pointe de la créativité contemporaine, comme le prouve Crossing the Line. Nous proposons également des spectacles et des films pour un public plus large, comme notre série de projections en haute définition de ballets et d’opéras de l’Opéra de Paris, ainsi que des rencontres avec des personnalités françaises, comme Olivier Py, Lambert Wilson et Isabelle Huppert.

Comment concevez-vous cette programmation ?

Nos directrices artistiques [Lili Chopra, puis Courtney Geraghty depuis 2018] élaborent une programmation qui mélange artistes connus et moins connus. Nous avons eu la chance de présenter de jeunes artistes qui ont ensuite pris leur essor, comme le danseur Benjamin Millepied en 2005.

Comment se déroule l’enseignement du français ?

L’enseignement du français commence dès l’âge de 1 an et nous avons une preschool pour les 3 et 4 ans. Pendant la journée, nous offrons une variété d’ateliers, des cours de langue et de conversation sur différents thèmes, comme le vin, la politique française, la littérature ou Napoléon !

D’où viennent les ressources du FIAF ?

Outre les recettes provenant de l’enseignement, nous vivons avant tout des dons de particuliers, d’entreprises et de fondations. Mon rôle est de trouver des façons novatrices de financer notre politique culturelle. Par exemple, 25 % des fonds pour la programmation culturelle proviennent de notre gala annuel, le Trophée des Arts.

Lever des fonds pour la culture française aux Etats-Unis, est-ce une tâche difficile ?

Chaque année, environ 350 milliards de dollars de dons vont aux associations caritatives aux Etats-Unis, mais la culture attire moins. D’autant plus que la culture française est encore une niche.

Quel est le profil de vos membres ?

Plus de 70 % sont des Américains, des non-Français résidents de New York, et 25 à 30 % sont francophones.

Vos prochains défis ?

Je souhaite que notre théâtre, qui n’est pas forcément actif le dimanche, devienne un lieu de diffusion du cinéma français : French cinema for your weekend !


Entretien publié dans le numéro de mars 2019 de France-AmériqueS’abonner au magazine.

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