Histoire

Eugene Bullard, en vol et contre tous

Il volait pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Petit-fils d’esclaves de Géorgie, engagé volontaire dans la Légion étrangère pendant la Première Guerre mondiale, il deviendra le premier pilote de chasse afro-américain, héros de l’aviation française. Avant d’être déchu, mis au placard et oublié par son pays natal.
Eugene Bullard dans son uniforme d’aviateur français, à Paris, le 4 juillet 1917. © Agence Rol/Bibliothèque nationale de France

Dans le carré des vétérans français du cimetière de Flushing, dans le Queens, un petit groupe de jazz joue « La Marseillaise » de Django Reinhardt. Le modeste cercueil de pin entrouvert laisse deviner un uniforme de la Légion étrangère. Ce 13 octobre 1961, la France rend un dernier hommage à Eugene Bullard. France-Amérique est au premier rang. « Son nom restera dans les annales franco-américaines », écrit notre reporter, « comme le pur et noble exemple d’un Américain qui s’était donné corps et âme à la France ».

Tous les ans en février, à l’occasion de Black History Month, nos deux pays commémorent le premier pilote de chasse afro-américain de l’histoire, engagé pour la France dans les deux guerres mondiales. Mais si les hommages officiels égrènent les exploits militaires de « l’Hirondelle noire de la mort », ils tendent à passer sous silence son antiracisme pionnier. Des champs de coton de Géorgie au Harlem des droits civiques en passant par le Paris des Années folles, ce réfugié des lois Jim Crow était aussi un militant.

La France comme horizon

Eugene James Bullard (il francisera plus tard son deuxième prénom en « Jacques ») naît à Columbus, en Géorgie, le 9 octobre 1895. Comme tous les descendants d’esclaves à cette époque, il n’a pas d’identité propre. Son nom de famille est celui des propriétaires blancs de ses ascendants paternels. Pire encore, le garçon est un « sang-mêlé », né d’un père noir et d’une mère amérindienne, issue de la tribu Muscogee. Il n’a que huit ans lorsqu’un groupe d’hommes blancs tente de lyncher son père. Traumatisé, Eugene Bullard choisit l’exil.

« C’est un enfant qui a eu très tôt l’injustice en horreur, et la liberté en ligne de mire », explique Monique Seefried, commissaire de la Commission américaine du centenaire de la Première Guerre mondiale. « Comme La Fayette a une influence extraordinaire en Géorgie, Eugene Bullard fait de la France son Eden. » Son père, d’origine martiniquaise, lui a transmis son admiration pour la patrie des droits de l’homme. Le jeune garçon s’imprègne notamment du destin du général Dumas, héros antillais de la Révolution française. « Mon père me racontait qu’en France, un homme était jugé par son mérite, non par sa couleur de peau », écrit-il dans son journal. « C’est là que je voulais aller. »

A onze ans, Eugene Bullard fuit Columbus. Sur le chemin de la côte est, il s’affranchit par deux fois de sa condition d’Afro-Américain. Une première fois en rejoignant une troupe de cirque bohémienne qui le surnomme Gypsy (« le Gitan »). Et une seconde fois, lors de courses hippiques, en disputant la victoire à des jockeys blancs. (Le sport sera interdit aux Noirs peu de temps après.) En Virginie, il embarque comme passager clandestin sur un cargo en partance pour le Vieux Continent.

« J’ai eu l’impression de renaître dans un monde nouveau », observe Eugene Bullard le lendemain de son arrivée en Écosse. Il découvre avec émoi que les Européens ne le considèrent pas comme un Noir, mais comme un Américain. Puis rejoint un club de boxe et un spectacle de vaudeville, inspiré par d’autres exilés de la ségrégation. Au sein de la troupe de Belle Davis, il tourne au ridicule les stéréotypes raciaux américains devant un public européen qui rit avec lui. Entraîné par le « Dixie Kid » et admiré par Jack Johnson, deux légendaires boxeurs afro-américains, il parcourt l’Europe et l’Afrique du Nord, de victoire en victoire. Fin 1913, un combat l’emmène enfin en France. « J’étais aussi excité qu’un enfant le matin de Noël », écrit-il en s’installant à Paris.

Eugene Bullard pendant sa carrière de boxeur en Europe, vers 1913. © U.S. Air Force
Portrait d’Eugene Bullard dans son uniforme français (une Croix de guerre est épinglée sur sa poitrine), devant un biplan portant sa devise et une scène de combat aérien. © Tinker Air Force Base History Office

« Tout sang qui coule est rouge »

Un an plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Se vieillissant d’un an, Eugene Bullard s’engage dans la Légion étrangère. Il connaît les tranchées de la Somme et de la Champagne, puis demande à intégrer l’armée française. Il rejoint alors les troupes du 170e régiment d’infanterie, surnommées « les Hirondelles de la mort ». Blessé à Verdun et décoré de la Croix de guerre, il reçoit la visite d’un reporter du Saturday Evening Post. Will Irwin, parmi les premiers correspondants américains arrivés en Europe, remarque que la démocratie française semble avoir « déteint » sur le fantassin, qui s’est « habitué à considérer les hommes blancs comme des égaux ».

Il ne croit pas si bien dire. Pendant sa convalescence à Paris, Eugene Bullard a pris un pari fou : devenir pilote. « Tu sais, il n’y a pas de Noirs dans l’aviation », le prévient un ami américain. « Evidemment que je le sais », rétorque-t-il. « C’est pour ça que je veux en être ! » Fin 1916, il s’engage dans le Lafayette Flying Corps, un groupe de volontaires américains qui volent sous commandement français. « Dès minuit », note-t-il dans son journal, « tous les Américains à Paris savaient qu’un Noir américain du nom d’Eugene Bullard, né en Géorgie, avait obtenu un brevet de pilote militaire. » Pendant ce temps, aux Etats-Unis, son frère est lynché dans sa propre ferme. Plus que jamais, Eugene Bullard se résout à défendre son pays d’adoption et à s’y faire une place.

Au front, ce descendant d’esclaves partage le quotidien de ses compatriotes blancs. « Il m’a semblé que la démocratie française a influencé l’esprit des Américains blancs et noirs, et nous a aidés à agir comme des frères », se souviendra-t-il plus tard. Sur le fuselage de son Spad VII, il a peint un cœur écarlate transpercé d’un poignard, ainsi qu’une phrase en français : « Tout sang qui coule est rouge. » Ce sera sa devise. Accompagné de sa mascotte, un petit singe nommé Jimmy (en pied de nez aux lois Jim Crow ?), il abat deux avions ennemis et gagne un nouveau surnom: « l’Hirondelle noire de la mort ».

Eugene Bullard, dans son uniforme français, avec un groupe de soldats américains en France pendant la Première Guerre mondiale. © U.S. Air Force

Jim Crow dans l’Hexagone

Si la presse française se prend de passion pour le parcours du jeune pionnier, l’Amérique reste silencieuse. Seul le magazine de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), The Crisis, fait état de son ascension. Eugene Bullard dérange. Ses exploits au sein d’une unité mixte invalident un des postulats fondateurs de la ségrégation : l’infériorité supposée des Noirs. Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre en 1917, le Corps expéditionnaire impose ses normes racistes dans l’Hexagone. Eugene Bullard est l’unique membre du Lafayette Flying Corps à ne pas être versé dans l’armée américaine. Cette dernière, prétextant un grade insuffisant et des « pieds plats », le renvoie dans son unité française.

Les discriminations, qu’il pensait avoir laissées en Géorgie, n’arrêtent pas le pilote. Il rêve d’abattre trois nouveaux ennemis et ainsi atteindre le nombre de cinq requis pour devenir un « as ». Alors, espère-t-il, « les Américains n’auront d’autre choix que de reconnaître mes capacités et me réintégrer ». Mais lorsqu’un officier français l’insulte en utilisant le N-word, l’ancien boxeur se défend de ses poings. Dans les registres de l’Armée de l’air, son nom est rayé d’un trait, comme celui de ses compagnons tués au combat. Sans sommation, il est renvoyé dans l’infanterie. Puis, lorsque l’Amérique enjoint à l’armée française de maintenir le paradigme ségrégationniste, celle-ci acquiesce. Eugene Bullard est relégué à des fonctions de gardien et de concierge, tenu à l’écart des combattants.

Après l’Amérique, c’est au tour de la France de le décevoir. Le pilote déchu ne recevra jamais son certificat de reconnaissance, remis à tous les volontaires américains par le ministère français de la Guerre. Malgré les compromissions de la France, et comme bon nombre d’Afro-Américains ayant joui d’une nouvelle liberté outre-Atlantique, Eugene Bullard s’installe à Paris après l’armistice. Il sera masseur, entraîneur privé et musicien de jazz, formé par le chef d’orchestre Louis Mitchell. C’est le début du « Tumulte noir » : les cabarets afro-américains de Montmartre et de Pigalle deviennent l’épicentre de la nuit parisienne.

Chez Zelli’s, le club de la rue Fontaine qui se targue d’accueillir « tous ceux qui sont quelqu’un », Eugene Bullard se lie d’amitié avec les pontes de la Génération perdue. Il côtoie F. Scott Fitzgerald, Cole Porter et Elsa Maxwell. Et inspire à Ernest Hemingway le personnage du batteur noir dans Le soleil se lève aussi (1926). Dans la presse parisienne et dans le Baltimore Afro-American, journal engagé contre la ségrégation, Eugene Bullard se fait une réputation de cracker tamer – un dompteur de Blancs racistes ! On dit qu’il est devenu « l’un des plus ardents défenseurs de la race [noire] à Paris contre l’invasion des préjugés de couleur américains ». Plusieurs fois, il manque de perdre la vie dans une rixe.

L’exil, encore

Eugene Bullard considère malgré tout les Années folles comme des « années dorées ». Il obtient la nationalité française puis épouse Marcelle Straumann en 1923. Ce mariage interracial, qui lui aurait sans doute valu d’être lynché aux Etats-Unis, est célébré à la bien nommée Brasserie Universelle. L’année suivante, Eugene Bullard prend la direction du Grand Duc, rue Pigalle, et devient une figure incontournable de la communauté afro-américaine. Le poète Langston Hughes, arrivé de Rotterdam, fait la plonge, pendant qu’Ada « Bricktop » Smith, Florence « Embry » Jones et Louis Armstrong régalent le public. Le tenancier accueille Chaplin, Picasso, Man Ray et le prince Edouard VIII. Après son divorce, il recevra l’aide de Joséphine Baker pour élever ses deux filles puis ouvrira une salle de sport et un autre cabaret, L’Escadrille.

Mais au début des années 1930, la menace nazie gronde. En 1919 déjà, dans le Chicago Defender, Eugene Bullard écrivait : « Il est temps d’en finir avec ces préjugés de couleurs, ridicules de la part de ceux qui oublient trop tôt le danger allemand d’hier et la menace allemande de demain. » Lorsque la guerre éclate, il rejoint d’abord le contre-espionnage français et traque les agents nazis qui fréquentent ses établissements. Il retrouve ensuite l’uniforme de l’infanterie et reprend le combat contre l’Allemagne. Blessé dans la défense d’Orléans, il reçoit la nouvelle de l’armistice comme une injure. La république qui l’a accueilli n’est plus, et il ne se fait aucune illusion quant au régime de Vichy.

Cet été-là, Eugene Bullard quitte la France. « Une fois encore, il a dû se battre pour imposer son statut de citoyen américain », explique Monique Seefried. « Le consul des Etats-Unis ne voulait pas délivrer de visa à un homme noir dans un uniforme français. » Après un éprouvant périple à travers l’Espagne et l’Atlantique, Eugene Bullard écrit : « Je n’oublierai jamais à quel point la vue de la statue de la Liberté m’a ravi. » A Ellis Island, l’American Legion célèbre en fanfare le retour des vétérans expatriés. Lui n’aura droit à aucun honneur. Il se réfugie à Harlem, où il loue une chambre dans un immeuble délabré, loin de ses exubérantes années parisiennes. Dans France-Amérique, on apprend qu’il a voyagé avec les photos et autographes de ses illustres amis, « qu’il s’amuse à feuilleter les jours où il a le cafard ».

A New York, Eugene Bullard vit comme un parfait inconnu. Lorsqu’il demande à rejoindre les anciens de la Légion étrangère, il reçoit en guise de réponse une lettre anonyme : « Votre séjour prolongé à l’étranger vous a peut-être fait oublier qu’aux Etats-Unis, Blancs et Noirs ne se mélangent pas. » Vêtu de son uniforme, ses ailes de pilote épinglées sur sa veste, l’ancien légionnaire aura tout de même le courage d’assister à une réunion. Seuls les Français libres l’accueillent en leur sein. Avec ces partisans du général de Gaulle, des exilés comme lui pour la plupart, il rejoint l’association France Forever et milite pour la Libération. Mais les lois raciales promulguées par le régime de Vichy lui ont passé l’envie de revoir la France.

Eugene Bullard attaqué par des officiers de police blancs en marge d’un concert du chanteur afro-américain Paul Robeson à Peekskill, dans l’État de New York, en 1949. © Paul Robeson House & Museum
Eugene Bullard sur la tombe du Soldat inconnu à Paris, en 1954. © U.S. Air Force

Le héros de Harlem

Après la guerre, Eugene Bullard accumule les petits boulots. Il est successivement docker à Staten Island, agent de sécurité à Brooklyn, vendeur de parfums français. Il reprend les classiques de Louis Armstrong et s’insère peu à peu dans la communauté de Harlem. Désireux d’apporter sa pierre au jeune mouvement pour les droits civiques, il propose ses services à la NAACP. Mais personne ne sait que faire de cet inconnu qui déroule ses aventures rocambolesques. En 1949, à l’âge de 54 ans, il est blessé lors des émeutes raciales de Peekskill, petite ville au nord de New York. En une du quotidien français Ce soir, sous le titre « Pogrom aux U.S.A. », on apprend qu’il a perdu un œil sous les coups de la police, ralliée à la meute raciste.

La France n’a pas oublié son héros. En 1954, un Eugene Bullard diminué se rend à Paris et ravive la flamme du Soldat inconnu, sous l’Arc de triomphe. Un journaliste de France-Amérique retranscrit ainsi ses remerciements émus : « J’ai servi la France de mon mieux. Elle m’a montré ce que sont la liberté, l’égalité, la fraternité. Jamais je ne la servirai assez pour tout ce qu’elle m’a appris, pour tout ce que je lui dois. » Cinq ans plus tard, lorsqu’il reçoit la Légion d’honneur au consulat français de New York, il déclare : «Les Etats-Unis sont ma mère patrie et j’aime ma mère, mais la France est ma maîtresse. »

L’année suivante, en compagnie de sa compatriote et amie Joséphine Baker, le « héros de Harlem» est reçu sur Park Avenue par le président Charles de Gaulle. Et le prend dans ses bras, bouleversé par les honneurs. « Eugene Bullard est un véritable héros français », dira le Général. La formule est apte, car le pilote noir n’est pas considéré de même aux Etats-Unis. Sauf par Eleanor Roosevelt, qui lui dédiera une tribune : « Je pense que nous devrions être fiers de cet homme qui vit désormais dans notre pays après son long service auprès de la France qu’il aimait. » Sous la plume de l’ex-Première dame, l’Amérique lui témoigne pour la première fois sa reconnaissance.

Eugene Bullard sortira de l’anonymat sur le plateau de NBC, au Rockefeller Center, ce même bâtiment où il travaille comme garçon d’ascenseur. Le 22 décembre 1959, l’« Hirondelle noire de la mort » est interviewée par Dave Garroway de l’émission Today. L’Amérique découvre le héros des deux guerres mondiales dans son simple uniforme de liftier, « le seul qui ne soit pas criblé de balles ». Qu’à cela ne tienne : il arbore fièrement une quinzaine de médailles françaises et exhibe sa carte de visite, sur laquelle il a fait imprimer une unique phrase : « Premier pilote militaire noir connu.» Suite à cette émission, ses amis le pressent d’écrire ses mémoires. Mais All Blood Runs Red restera inachevé : Eugene Bullard s’éteint en 1961, terrassé par un cancer de l’estomac. Selon ses dernières volontés, son cercueil sera drapé d’un drapeau tricolore.

Le 22 décembre 1959, l’« Hirondelle noire de la mort » est interviewée par Dave Garroway sur NBC. Il apparaîtra à l’antenne dans son uniforme de liftier. © U.S. Air Force

Lʼ héritage dʼEugene Bullard

En 1994, 33 ans après sa mort et 77 ans après son renvoi des forces américaines, la valeur du pilote est enfin reconnue outre-Atlantique. Suite à l’intervention de Colin Powell, le premier Afro-Américain à occuper le poste de chef d’Etat-Major des armées, le caporal oublié est promu au grade de sous-lieutenant à titre posthume. Ses médailles militaires et sa croix de Lorraine, symbole de son engagement pour la France libre, sont aujourd’hui exposées au musée national de l’U.S. Air Force de Dayton, dans l’Ohio.

Sa Géorgie natale célèbre son héritage en grande pompe. Eugene Bullard Day y est fêté chaque 9 octobre, jour de sa naissance. A cette occasion en 2019, le musée de l’aviation de Warner Robins, qui accueille 500 000 visiteurs par an au sud de Macon, lui a dédié une statue. Une descendante, Harriett Bullard-White, était présente à la cérémonie. « Je veux que les petits enfants noirs voient ce qu’il a fait, en dépit du pire racisme et des lois Jim Crow », dit-elle entre deux larmes, « et qu’ils deviennent ce qu’il est devenu ». Plus d’un siècle après son exil, Eugene Jacques Bullard est immortalisé dans le bronze. Il a 21 ans et porte un uniforme d’aviateur français.

Interrogée par France-Amérique, la consule de France à Atlanta se réjouit de cette commémoration, qui marque l’importance symbolique des « liens de sang et d’engagement » pour l’amitié franco-américaine. Anne-Laure Desjonquères va plus loin : « A mon sens, l’héritage le plus important de ce personnage réside non pas dans les cieux de la Première Guerre mondiale, mais dans ses combats pour l’intégration des Afro-Américains. » Tout particulièrement dans cet Etat du Sud qui tente de confronter son passé esclavagiste et ségrégationniste.

« L’Hirondelle noire de la mort » repose toujours dans le Queens, à quelques pas de son ami Louis Armstrong. Depuis l’été 2020 et les manifestations transatlantiques du mouvement Black Lives Matter, une pétition circule en ligne pour faire entrer Eugene Bullard au Panthéon. « Comme Joséphine Baker, il est le plus français des Américains », écrit un signataire. « Alors, pourquoi pas à nouveau un Américain à Paris ? »


Article publié dans le numéro de février 2024 de France-Amérique. S’abonner au magazine.

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